‹ Contes en prose et en versChapitre 22 sur 55 · LA NOUVELLE MARGUERITE · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE MARGUERITE

OD

Ne Toui effrayez pas, âmes déboaoaires et pienses , du titre incendiaire de cette histo* riette.

Je Toas atteste que je ne me crois pas damné, II. 8

86 LE irOUVEAU FAUST

et qa'il s'agit tout au plus ici d'un cas de conscience que le moindre absolvo du curé de votre village régleroit à l'amiable; mais enfin je vieillis vite et bien vite, puisque le monde ne m'amuse plus ; et je ne suis pas fâché d'avoir le cœur net du dernier de mes scrupules.

Je confesse donc que j'ai eu deux grandes et puériles passions dans ma vie, et qu'elles l'ont absorbée iouA entière.

La première des deux grandes et pnériles passions que j'ai eues de ma vie, c'étoit l'envie de me trouver le héros d'une histoire fantastique 9 de coifier le chapeau de Fortunatus, de chausser la botte de l'Ogre, ou de percher sottement sur le Rameau d'or, à côté de l'Oiseau bleu.

Vous me direz quie ce ^poAt n'est pas excusable dans une créature intelligente qui a fait d'assez bonnes études; mais c'étoit ma manie.

La seconde des deux grandes et puériles passions que j'ai eues dans ma vie, c'étoit l'ambitkm ^e faire, avant de moucîr, quelque bonne histoire ilBitttaslique, bien extravagante et bien innocente , dans le goût de mademoiselle de Lubert ou de madame Daulnoy ,

ET LA KOmrELLB MABGUBEITB. B7

parce qne H. Perrask me paroiçsoit trop fort , et d'en muser, aa moins pendant qnelqaes générations^ une petite postérité d'enfant» badins et joufflus, aux joues roses, à Pœil éreillé, qui se soufiendroient joyeusement de mes înTontions pendant les heures les plus r^mtantea du travail, et même aui heures délicieuses où Von ne fait rien !

Quant à l'autre postérité que tous sares, figure pâle, efflanquée, insignifiante, stnpîde, qu'on TOUS montrera au prochain salon, et qui tîeat suspendues , au bout de deux vilains bras, deux vilaines couronnes de lauriers en plâtre , je tous jure sur l'honneur que je n'y ai jamais pensé.

Quoi qu'il en soit , je ne saurcns me dissimuler que ces deux frénésies ont singulièreK ment déteint sur ma vie réelle et sur mon triste métier de conteur de fariboles.

Il fout bien qu'il en aille ainsi.

Défense à moi de réciter un fait patent , un événement qui s'est passé corâm populo , semUu et pairilmê , une de ce» histoires sur la sincérité desquelles on se donneroit au diable sans qu'on crie à la fantaisie.

8ft LB NOUVEAU FAUST

Je parle de troia fibmiiies charmantes qcre j^ai aimées en tout hien, tout honneur, et que j'ai Yu mourir en quinze ans^

— Trois femmes mortes en quinze ans ! mais c'est une fable à dormir debout ! fantastique !

— Attendez, monsieur, s'il tous piaf t !

c'est que j'en ai ai^ié sept cents pendant ce temps-là , et cela rend un peu moins hyperboliqjue le chifi&*e de la mortalité.

D'ailleurs, je vous ai parlé à dessein et trèsexclusivement de mes amours posthumes, parce qu'un autre genre de confidences auroit été de mauvais goût dans ma jeunesse , et que je ne suppose pas qu'on ait rien changé aux bienséances.

La pudeur de ces mystères ne s'aflranchissoit de ses voiles qu'en prenant ceux du deuil et du veuvage , et c'est alors seulement qu'on permettoit à la douleur du survivant l'effusion respectueuse et délicate d'un sentiment longtemps caché !

^^ £h bien , raison de plus ! fantastique , morbleu! fantastique s'il en fut jamais !

Fantastique si vous le voulez : fantastique, puisqu'il le faut!

BT LA VOUYELLB MARGUERITE. 89'

Hélas! je ne demanderois pas mieux; je voudroislMen en trouver dans mes soavenirs^ du fiintastique \

£h! que n'aurois-je pas éckangé contre un peu de fantastique , surtout quand j'ai connu le vrai de ce monde « quand rexpérience me l'a iait perceiroir et absorber par tous les pores?

Du fiintastique, mon Dieu! mais j'aurois donné dix ans de ma vie , et j'aurois fait un grand marcbé, pour la rencontre d'un sylpbe, d'une fée, d'un sorcier, d'une somnambule qui sât ce qu'elle disoit , d'un idéologue qui se comprit ; pour celle d'un gnome aux che^ TOUX flamboyants , d'un revenant à la robe de Cambre de brouillards, d'un follet grand comme rien , du diablotin le plus succinct de corps et le plus pauvre d'esprit qui ait jamais grêlé sur le persil depuis le diable de Papefiguière.

Pas possible , monâeur ! s'il y avoit eu du fiintastique à trois mille lienes à la ronde, il auroit été pour moi ; mais il n'y en avoit pas !

Et je ne sais ce qui seroit arrivé de ma foi poétique dans le monde merveilleux , si je

90 LB irooTBAr faust

n'avois cédé un jour à Pétfange idée que je vous disois, celle de me donner au diable.

C'est, à parler franchement, une résolution un peu dure , mais elle simplifie admirablement la question.

A Fépoque dont je parle j'aurois été bien fâché de ne pas passer pour un mauvais sujet; d'abord parce que c'étoit la mode, et puis parce qu'il est agréable d'occuper les femmes qui ne s'occupoient jamais que des mauvais sujets.

Je m'étois donc fait mauvais sujet, et j*eii. avois pris les licences au grand regret de mon excellent père, qui payoit chèrement mes professeurs pour me faire prendre des licen-^ ces plus honorables; mais je dois le dire tout de suite, afin de prémunir le lecteur contre l'infaillible dégoût qui s'attache à la renommée de Lovelace et de M. le chevalier de Faublas, oh! je n'étois rien de pareil; j'en avois bien garde , vraiment. Vous ne trouve^ riez pas dans toute mon histoire trois pages qui puissent faire envie aux bonnes fortunes de votre valet de chambre , si vous en aret ma , ce que je ne vous souhaite pas , car c'est un grand embarras.

ET LA irOQTELLB XASGITIUTB* 91

J'élois mauvais sujet mm préjudice de la Borale et du sentiioent, mauvaii sojet tinoré peur Krat ce qui peut imposer le respect, pour tout ce qui peut effaroucher la bienséance, un de ces conquérants à Paasiable, qui ne tentent leurs iuTasious que dans les pays de IXHine Tolonté.

Cependant on savoit que j'étois mauvais su* jet, parce que j'étois mauvais sujet à découvert, libertin affiché, séducteur en titre de Umt ce qui vouloit être séduit, et cela pour me £iire honneur.

A cet énorme déCaut près, j'ose dire que personne n'avoit des principes plus arrêtés Biir les mœurs , et que je les portois en tout at partout à uu degré d'observance judaïque , dout la combinaison, incroyable avec mes désordres expansifs, n'avoit pas de nom de mon temps.

On pourroit appeler cela maintenant de la débauche éclectique, un libertinage doctrir aaire, mais ce n'est pas la peine, parce que cela ne se rencontrera plus; les jours sont devenus trop mauvais.

Pour faire comprendre ma philosophie,

W liB NOVYBAU FAUST

car c'étoit une philosophie st on yent ^ il laul mettre l'exemple a côté de la définition , et j'ai peur encore qu^on ne me comprenne pas.

L'idée de porter un moment de trouble dans un cœur innocent que la société me refusoit, l'idée de relâdier le moins du mond«, par un effort criminel , un Hen que la société aToit formé , auroit suffi à me faiVe subir une anticipation très- réelle des maux de l'enfer.

Je me serois sauvé de Glarens au premier sourire significatif de Julie d*Étanges , de peur de ses acres baisers.

J'aurois laissé mon manteau dans les mains de la jolie épouse de Putipbar, eût-il valu celui d'Élie , par qui on devenoit prophète ; mais rien ne m'arrétoit pour goûter un fruit qui avoit perdu sa fleur , et qui étoit tombé de sa branche nourricière sans être recueilK par la main dédaigneuse du jardinier.

— Ma foi , disois-je , il «st agréable et doux, et je le savoure sans en fhire tort à personne.

De sorte que si le maitre s'étoit trouvé là de fortune , j'aurois pu répondre" à ses reproches : — Pardon , maitre \ je ne maraude pas J c'est que je glane.

ET JLA KOUVSLLK HA&GUBRITE. 9$*

Et celle eonvicticm m'aToil procuré l'inappréciable sécurité de cœur , qui est la premère réccmipense de la vertu.

Voilà précisément pourquoi j'étois alors un mauvais sujets et ce qui m'avoit fait appeler mamvaia sujet par excellence, comme un véritable prototype de Pespèce,

Je viens de dire de moi des choses si flatteules, que j*ai quelque pudeur d'y ajouter encore.

Cependant t je me le dois à moi-même, oomme on dit, pour l'exactilude de ce récit, qui est presque la seule chose du genre mer^ veilleux que j'aie écrite: la seule chose merv^lleuse^ c'est une autre a&ire, et cela dépend des goûts.

Le plus extraordinaire des résultats de mon système , c'est que j'avois fait des élèves parmi de bons et dignes jeunes gens de mon âge , nés avec une singulière aptitude à la perfectibilité , et que j'étois heureusement parvenu à détourner du crime par la facilité du vice , en attendant que mes leçons portassent de meilleurs fruits et les convertissent tout-à-fait

Une vingtaine d'années après , o'étoient des hommes-modèles.

94 LB VGOlEàV WkWt

Le temps n*y a pas nui , mais e^est peut-être à moi qa'ils doivent de n'avoir point de re*. mords, douce et précieuae allégeance fionr lenr vieillesse.

Je ne sais pourtant comment cela se isisoit, mais les femmes de bonne compagnie now avoient en exécration.

L^ premier de mes acolytes s'appeloît Amendas.

G'étok mon Meutenant en pied, mon ménechme ^ mon alter ego dans toutes ces afibires de eœuF' où le cœur n'est pas intéressé, qui se multiplient par le seul acte de la volonté, qui se ccmiplîquent par les moindres condescendances de la politesse « et qui réduiroient un pacha sans auxiliaire à se rendre de guerre lasse en huit jours.

Amandns étoit à la vérité un joli garçon complet.

Avec une tournure à peindre, un jargon à étourdir, une suflKsance accablante, il jouoit tons les jeux dans la perfection , et ne jouoit jamais sans perdre ; montoit à cheval comme un centaure , et se rompoit quelque membre tous les mois ; tiroit dse armes comme SaiYit-

ET LA 9<M}YBUiB MABfiVEBJTE. W

HeQvgeg^ et aortoaA régutièremeiit de ses duels ayeo un bras en écharpe.

Béntîer d'une asses beUe fortuaei il l'avoit dissipée en six mois , ce qui pvouve beaucoup d'esprit^ et il troiiToit encore des dettes à bkre , ce ^«i prouve bien davanlage.

Enfin il n'y avoit qu'un eri sur son coaipte fuand il traversoil nft salon ; c'^t qu'Àrea»dus ét^l Gharinant.

Ainaadiis n'aveît pas le saais oMnœun.

L'excellente éducation d'Amandus a?oit été néglifée sur un poiat que certaûis esprits i8«tiaiaQs tiennent pour oapitsd.

U y a 4es taches dans le soleil.

Soit incapacité I soki préoccupation, Amaadus n'aToit jamais pu apprendre à écrire.

J'incline à croire que c'est parce qu'il n'en seotoîtpaBlanéAesnté, et 43e dédain eaehe «ne idée bien philosophique.

Ce n'est pas qn'Amandus n'eût écrit, s'il Mrpit Tonla, mais il «iir<Ht mieux yaln qu'il n'écrivit point.

Ce -n'est pas qu'Amandus n'eût une orAographe à l<û , tant s'en fiint !

Elle étoit si bien à lui que personne n'aroit

"96 LB KOUTEAU f AUST

rien à y prendre : à y reprendre, je tie dKs pas.

Si je TOUS disois que c'étoit l'orthographe de M. Marie, qui sera Tan prochain celle «le rAcadémie , vous me répondriez 'saiis doute qu'il n'y a pas grand mal à écrire comme l'Académie, surtout si vous êtes de l'Académie, comme cela peut arriver à tout le monde; mais ce n'étoit pas l'orthographe de l'Académie, c'étoit l'orthographe d'Amandus, une orthographe miraculeuse !

Amandus s'étoit avisé, au contraire de M. Marie, que le génie de récriture consistoit à déguiser le mot parlé sous toutes les figures quHl avoit vues épàrses dans son syllahaîre.

A lui , sur tous les articles , sur tous les pronoms, sur toutes les particules, toutes les let-> très parasites de la dernière personne du pluriel des verbes ; à lui l'accent sur les lettres muâtes ou ^toniques ; à lui le tréma ^ur les diphthongues , à lui l'apostrophe au milieu des mots , à lui de belles majuscules ornées , et des virgules , bon Dieu , des virgules partout ! jamais on n'a vu tan4 de virgules! — Dans les

ET JjJL ir01]YELLB MARGUERITE. 97

habitudes de l'amour vulgaire dont j'ai parlé , cela ne tiroit pas à conséquence ; la plupart de nos héroïnes ne savoient pas lire, mais si çUes avoient su lire , elles auroient été dans un eruel embarras!

Il y a voit cependant des occasions difficiles , des chances de notabilités galantes, dans lesquelles je devenois d'un immense secours avec mon orthographe triviale que je n'avois pas jugé à propos d'enrichir de toutes ces magnificences.

Le seul des amis d'Amandus qui lui fût resté fidèle depuis qu'il étoit ruiné , je me dévouai bravement à l'interprétation de ces hiéroglyphes dont l'impénétrable obscurité feroit tressaillir l'ombre savante de GhampoUion.

Je venois de quitter l'hébreu , je me mis à l'Àmandus ; je réussis à le lire assez couramment au bout de trois ou quatre mois , et je me hasardai enfin à mettre mes propres idées à la place , quand un texte scabreux et rebelle déroutoit mon érudition ou fatiguoit ma patience.

Les traducteurs prennent souvent le même parti quand ils n'entendent plus leur auteur» n. 9

98 LE nOUYBAV FAUST

Aniandtts, dépouillé de son luxe grammatical , copioit ensuite mot pour mot et lettre pour lettre , comme l'Homère de l'anthologie sous la dictée d'Apollon.

La comparaison est un peu fière, mais elle n'est pas trop disproportionnée.

Ce temps , je l'avouerai , ne fut pas perda pour mes études , car j'appris ainsi à tourner convenablement une lettre d'amour, et je m'étois obstiné jusqu'alors à n'en pas écrire une seule.

Les écrits restent.

Nous ne fréquentions pas ce qu'on appelle la mauvaise société, mais la nature de nos occupations nous conduisoit rarement dans ce qu'on appelle la bonne.

yoyageurs nomades au milieu de la vie, nous plantions tous les soirs notre tente av^iturière entre deux mondes auxquels nous par* ticipions également , retenus au premier par les liens de l'éducation et de l'babitude , rappelés à tout moment vers le second par des plaisirs commodes et des conquêtes sans alarmes.

Si la top<^rapbie de ce double hémispbère ne vous est pas exactement connue , j'aurai l'a-

ET LA KOVYELLE MARGU^JUTE. 99

vaDtage de vous apprendre que le point contingent en est occapé par le théâtre , et pour mieux caractériser la localité, par la galerie des preimères dan» les. bonnes villes de préface.

A peine la toile étoit levée d'une part qu'une douzaine d'yeux noirs ou bleus — je parle des scènes d'ensemble — venoient nous chercher sur notre divan , et nous accueillir de délicieux reproches et de séduisantes promesses.

Le regard furtif d'une beauté qui soupiroit à la cantonade avant de faire son entrée^ nous épioit en tapinois derrière le manteau d* Arlequin , ou jailiissoit par éclairs à travers les énormes bâillements d'un châssis mal ajusté, entre deux touffes de roses, en toile peinte.

Elle entroit enfin en déployant les richesses d'un gosier de rossignol , ou de tout autre gosier qu'il vous plaira de mettre à la place de celui-là.

Elle entroit aux murmures flatteurs d'une assemblée qui sembloit n'applaudir que pour nous, car nous remportions la moitié de toutes les ovations.

272SiSi^

100 LE irOUVEAU FAUST

Il me semble que nous avions aussi quelquefois notre part dans les sifflets, mais il faut savoir s'aecommoder aux circonstances.

Je me crois même sûr que j'étois de nous deux le plus intéressé dans les disgrâces, parce que mon caractère impatient et mobile me rendoit fort chanceux , mais nous partagions en frères , Amandus et moi , et nous ne comptions pas.

Il me souvient , sans aller plus loin , que ma mauvaise destinée m'avoit imposé ce moislà une Bugazon de cinq pieds sept pouces et d'un embonpoint à l'avenant, mieux taillée pour le frac surdoré du tambour-major des Suisses que po^r le corset des bergères.

Quand elle )ouoit Babet , — tudieu , quelle Babet ! — et qu'il lui arrivoit de me foudroyer d'une œillade aimable , en fouillant un panier de vilaines fleurs avec de grosses mains , et en chantant d'une voix heureusement plus déliée que sa formidable personne ,

C'est pour toi que je les arrange

oh ! vous pouvez m'en croire ! j'aurois béni le

ET lA KOirVELLB MARGUERITE. 101

poignard bienfaisant qui seroit yenu me percer le sein !

Hais qu'y faire ?

C'étoit une des conditions essentielles de mon bonheur, parce que c'étoit une des sauvegardes inexpugnables de mon innocence.

J'ai oublié de dire qu'elle étoit fort laide, mais elle louchoit horriblement.

L'autre partie du monde étôit dans les loges , et ceci est fort clair si l'on a eu la complaisance de suivre ma métaphore.

Les loges, notre moralité nous défendoit d'y regarder , mais non pas d'y voir , et à force d'avoir vu ce qui est bon à voir , on y regarde.

C'est qu'il y avoit alors dans une des loges de ce petit théâtre d'une petite ville , et je ne vous dirai pas au juste quelle ville c'étoit , sinon que vous êtes parfaitement libre de la chercher à l'ouest, il y avoit, dis-je, dans la troisième loge de droite une de ces figures d'ange qui font damner les hommes et rêver les saints.

Je ne sais pas peindre , mais vous peignez à merveille quand vous avez une palette.

1^2 LE TfOUTKAU FAUST

Mettez seize ans, une tailie de roseau, une peau blanche et cependant animée^ sous laquelle le sang circule comme un esprit de vie, colorant tout et ne rougissant rien , des che-> veux blonds qui se fiioconnent comme une vapeur sur des épaules où le regard coule comme feroit la main ; relevez cela de je ne sais quoi de pur et de céleste qui ne peut pas ^se décrire, dé traits qui auroient forcé le sculpteur de la Vénus à se couper la gorge avec son ciseau, et d'un regard large et bleu qui enchante comme le ciel, et qui brûle comme le soleil , vous n'aurez pas d'idée de la millième partie des perfections de Marguerite.

Marguerite avoit perdu fort jeune son père et sa mère.

La pauvre petite étoit restée avec quatrevingl mille francs de rentes aux soins d'une tante maternelle , veuve encore agaçante, qui passoit de si peu la quarantaine que ce n'est pas la peine d^en parler , et qu'on n'accusoit pas d'être insensible aux soupirs d'un cœur bien épris.

Je m'en étois trouvé très-vivement et même

ET LA KOUYBLbB MAEGOEBITE. 103

trës-signifibativement amoureux un ou deux ans auparavant — c'est de la tante que je parle — et oela m'avoit coûté je ne sais combien de mortelles heures de projets, d'angoisses et d'e«pérances , mais sans autre rc^sultat , parce que cette passion ra'étoitjustement survenue la veille du joar auquel remonte l'ère mémorable de mes amours philosophiques.

Depuis, je n'y avois pas pensé une fois, même dans ces moments extatiques où Tame se berce entre deux sommeils , et mon imperturbale mémoire , si fidèle au nom des mouches et des papillons , auroil peut-être perdu jusqu'an nom de la tante , si la tante n'avoit pas eu de nièce.

Je n'ai pas besoin de dire que l'âge et l'innoeence de cette charmante en&ni — c'est de la nièce qu'il est maintenant question -^ jetoient entre elle et moi un espace infranchissable.

Quatre-vingt mille francs de rentes , c'étoit Uen pis! j'en avois à peine le capital en passif.

— Tu manques à nos conditions, me dit un jour Amandus , tu regardes aux loges !

— Comme les enfants morts sans baptême regardent le ciel depuis les limbes , lui répon-

dis-je , et sans appeler de si haut un regard pour un regard.

D'ailleurs , j'ai mes raisons, et je ne t'en fais pas mystère.

Le temps marche impitoyablement, pendant que nous croyons éterniser le présent dans quelques heures de folie»; et , tout jolis garçons que nous voilà , nous risquons fort de vieillir aussi bien que les sept sages de la Grèce.

Tu as encore en perspective une assez douce vie à couler entre les aimables loisirs de la paresse et le galant exercice de la chasse au renard dans les halliers de la Yulpinière , si ton oncle , désarmé par une conduite plus exacte, veut bien te laisser à sa mort , qui ne se fera pas attendre long-temps, son castel délabré, son colombier et ses broussailles.

Moi , je n'ai ni oncle , ni castel « ni colombier , ni broussailles , ni renards en espérance : trop heureux quand mes créanciers se seront partagé mes tristes dépouilles , de trouver un public d'assez bonne composition pour lire mes romans , et surtout pour les acheter !

J'ai donc besoin de m'inspirer de quelque

ET LA KOUYBLLB MARGUERITE. lOS

type qui vire à jamais dans mes sourenirs, de rêver , de caresser , de nourrir dans ma pensée quelque adorable figure, et , quand je la rencontre , je la prends.

— La petite Marguerite, dit Amandûs, en épanouissant son binocle et en le tournant effrontément sur cette figure divine devant laquelle ma paupière s'abaissoit d'admiration et de respect.

C'est qu'elle est véritablement angélique, divine , presque inimaginable , une apparition , un phénomène.

Ravissant privilège de Finnocence ! étrange sympathie des belles âmes !

Hélas l mon vertueux ami! quelle perle, quel diamant dans un comptoir de modistes ou dans un groupe de figurantes!

La fortune aveugle a tout gâté , mais elle n'en fait jamais d'autres.

Il faut avouer que la destinée fit une sottise bien amère de jucher ce minois délicieux dans un carrosse » au lieu de nous le montrer ce soir entre deux quinquets dans la coulisse des soupirs. —

Je frissonnai d'indignation....

La coulisse d^ soupirs étoit la quatrième à gauche.

— Eh bkn y. inspire -toi , reprit Arnaud us en appuyant sa tête sur mon épaule , et en s'étalant sur la banquette, à mon grand scandale » car Marguerite pouvoit nous voir.

— Inspire-toi de Marguerite , si cela te convient ^ car j'ai plus afi^ire que jamais de te» inspirations.

Fais des romans , Maxime, fais des romans. ** Le mien ^ si je ne me trompe, toache à ua dénouement heureux.

Mon oncle ne manque pas de bonne volonté pour moi , et je le sais décidé à m'assurer sa mince fortune le jour où je ferai mon premier acte de sagesse en me mariant honorablement.

— Te marier honorablement ! m'écriai-je. Y penses-tu, Amandus? penses-tu à te marier?

— Pourquoi pas? continua >t-il avec un éclat de rire. Me erois-tu incapable d'une idée grave et d'une ferme résolution ? — Mon Dieu , qu'Aglaé est mal faite aujourd'hui , et que sa toilette de mauvaise grâce est convenablement assortie à ses minauderies d'éléphant! — Il faut faire une fin, Maxime, une fin raison-

ET LA ROUTELLS MABCHIERITE. 107

nable , line fin sérieuse et très-sérieiise , quand on n'a plus d'argent.

C'est rayk de mon oncle et celui de la sagesse. Tu ne sais pas, toi^ ce que c'est que la sagesse^ mais cela te viendra. — Tiens, Toilà qu'elle chante faux, maintenant! — Inspire-toi donc pour me tourner une petite déclaration Inen expresse , bien passionnée, bien sincère; un aveu sans détour de mes ibiblesaes, de mes erreurs, de tout ce que tu voudras; je n'y regarde pas. Taille , trandie, augmente si tu peux, retranche si tu Tosesl Tu es ma conscience, tu es mon cœur, tu sais tout ce qui repose de tendresse et de bons sentiments dans ce sein fraternel qui bat contre le ti^i! — Remarques-tu cette possédée de Laure qui ne m'a pas perdu de vue de la soirée.... mais elle a beau se pincer les lèvres 1 il lui manque deux deuts.

— Encore seroit-il à propos, repris-je sans avoir égard à ses disgresnons , que j'eusse quelqu'idée de l'heureuse fille qui a fixé ton choix , pour assortir ma correspondance aux convenances de ta proposition. Est modus in rébus ;

suni certi denique fines.,,.

108 LE KOUYBAU FAUST

£t puis je ne devine pas....

— Il n'y a ni finesse ni rébus, Maxime; et si tu devinois, tu en saurois vraiment plus que moi stir l'avenir où je me précipite la tète baissée pour me sauver du présent.

Si tu devinois , je te prierois de me dire à qui je pense , et quel est l'objet auquel le premier de mes amours raisonnables s'est attaché.

Je ne te demande pas de deviner, de par tous les diables ! je te demande une circulaire gracieuse et formaliste en beaux termes, comme Télémaque ou la Princesse de Clèveê, qui puisse s'introduire sous l'adresse de tout le monde , un passe-partout épistolaire , un extrait de ton invention que je me hasarde à jouer à la loterie du mariage. Parle de candeur, de vertu , de beauté ; ne te mêle pas de la couleur des cbeveux, parce que cela pourroit nous faire tomber dans quelques méprises.

Je copierai tout avec exactitude; la poste et mon étoile se chargeront de mes espérances , et mon digne oncle, qui veut absolument que je prenne une femme, n'aura rien à me reprocher quand je pourrai lui démontrer que j'ai été refusé par cinquante. — Ou bien il en

ET LA KOUVELLB MARQUERITE. 109

viendra deux , trois y une douzaine , je ne sais combien; et alors tu choisiras tout de suite après moi , mieux que moi , peut-être I tu as la main si heureuse. — Le traître ! Aglaé chantoii cependant !

— Moil laisse donc, répondis-je avec aigreur , je n'ai pas le domaine de la Yulpinière !

— Eh quoi ! cette foible espérance te tiendroit-elle à cœur ? je vais la jouer contre ton cheval ou contre Aglaé , à la première rafle.

— J'ai vendu mon cheval hier ; je te donne Aglaé ce soir, si tu la veux; quant à la lettre, je la ferai si j'y pense. —

La correspondance alla son train, car, à ma grande surprise et à celle d'Amandus sans doute, il n'en fut pas pour les frais de son initiative.

Je ne jogebis pourtant de ses progrès que par ses importunités , car il étoit devenu discret , et je n'ai jamais été curieux.

Quand nous en fûmes aux grands parents , je tombai de mon haut.

LesdifiBcultésne procédoient plus que d'eux, et je m'abimois dans l'idée qu'il se fût trouvé II. 10

une femme assez intrépidement résolue pour croire aux incroyables serments d'Amandus.

Nous allions encore au spectacle , mais trèsrarement; Amandus surtout, qui commençât à garder, suivant sa promesse, un certain quant à soi fort respectable.

J'étois malheureusement retenu comme on sait par un autre lien ; ma colossale bergère n'aToit pas encore enfoncé les planches, et il ne s'étoit pas rencontré d'homme assez hardi pour me débusquer, quoique ce lût un beau temps de passage pour la cavalerie.

Je ne me seutois pas d'aise à l'arrivée d'un régiment de dragons , tout brillant d'épaulettes , de poussière et de gloire , dont les chevaux piaffoient sous sa fenêtre.

Vaine espérance I les hussards les suivirent , et ces papillons de plaisir et de guerre qui butinent partout ne daignèrent pas effleurer Aglaé d'un coup d'aile.

Je comptai inutilement sur le courage éprouvé des cuirassiers : Aglaé conserva dans cette longue épreuve tous les honneurs d'une fidélité sans nuages et en fit valoir tous les droits. G'étoit une femme inexpugnable , une

ET LA irOUVELLE BTikRGUERITE. 111

eoflstance à faire mourir. Sa vertn est de toutes les eofUrariétés que j*ai subies en amour celle qui m'a donné le plus d^envie de mo brûler la cervelle.

Je ne cherchoîs qu'un prétexte pour m'exiler à jamais du monde, et ce fut le plus pur de mes sentiments moraux qui me le fournit , au moment où je m'y attendois lé moins.

J'avois déjà remarqué que Marguerite faisoit plus d'attention à nous que je ne l'aurois touIu.

Cette préoccupation avoit même pris depuis quelque temps un caractère qui m'inquiétoit ^ l'expression d'^un intérêt affectueux, d'tme sensibilité réTCuse , de ce jo ne sais quoi de isague, de tendre et d'idéal qui annonce an front pudique d'une jeune fille le développement d'un penchant secret. — « Infortune et déso- • lation, me dis- je en moi-même! serois-tu « condamnée par ta mauvaise étoile , pauvre et « gracieuse enfant , à aimer l'un de nous deux ? « Ah ! je ne sera^ du moins pas complice de sa » rigueur ! Le temps des examens va venir , et

■ je n'ai pas ouvert un livre pour m'y prépa-

■ rer. £h bien! je renonce pour le travail à i toutes ces déceptions passagères qu'on ap*

H) LB XIOOTBAU FAUST

» pelle des voluptés ^ Je lirai , s'il le faut , les » dix Tolumes de Jacobus Cujacius dans l'é-

• dition d'Annibal Fabroti, eum promptuariiê;

• je les lirai — korreseo referens — avant de

• m'oceuper d'une femme, et j'en prends à

• témoin l'ombre de Justinien ! > Là-dessus , je sortis de la salle , et je ren^^

trai chez moi pour expédier un congé définitif à Aglaé.

Je n'ai pas besoin de vous dire que cette résolution m'afiranchit d'un grand fardeau.

Il y avoit probablement une assurance persuasive dans la communication cpie je fis le lendemain à mon père de ce nouveau plan de vie, car il me fit présenta Tinstant, pour reeonuoitre mes sacrifices, de sa bibliothèque tout entière, et du joli pavillon qui la contenoit.

C'étoient les deux choses qu'il aimoit le mieux après moi.

Je passai le jour à y disposer tout ce qui pou voit servir à mes études ou embellir mon exil volontaire , et je m'aperçus , à la satisfaction dont me comblèrent ces soins agréables, que le bonheur avoit plus d'un aspect.

ET LA ROUVfiLLS MARGUERITE. Itl^

Qae dis-je ! le bonheur pur d'une ame contente d'elle-même l'emporte sur nos bonheurs imaginaires par sa durée comme par son objet.

Je fus heureux jusqu'au 'soir : il ne m'en étoit jamais, tant arrivé.

Le soir je bâillai ; je regardai vingt fois à ma montre dans dix minutes; le premier coup d'archet ^e l'orchestre me poursuivoit; le bruit presque aussi discord des loges ouvertes et fermées retentissoit dans mon oreille ; mes narines sollicitoient en vain dans un air, hélas l trop pur , le maussade arôme qui se compose de la vapeur des lampes fumantes et de l'exhar laison des essences.

Je demandois le délicieux regard de Marguerite à tous les attiques , à tous les lambris ; je le demandois à toutes les tablettes de ma bibliothèque y et mes yeux ne rencontroient que le Jacobus Gujacius d'Annibal Fabroti.

« Je serois curieux, m'écriai-je enfin, de » savoir si ses regards étoient ponr lui — ou » s'ils étoient pour moi , — et comme il a em- » prunté ce matin une chaise de poste , il faut • luien qu'il soit en voyage.

» Une meilleure occasion d'éclaircir mes

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» doutes ne se présentera jamais , et je n'en » serai que mieux confirmé , quel que soit le » résultat de cette épreuve , dans les raison- • nabi es desseins que j'ai formés.

• Je traToillerai demain ! »

Cette fois-là je n'eus pas à m'y tromper : je TOUS le déclare avec toute la sufiisance que peut inspirer à un sot la plus inespérée des aubaines de l'amour : ces regards, ils étoient pour moi , pour moi seul ! Vous me direz que j*étois seul, et que, semblable à ce fossile mer- Tcilleux dont les pores amoureux de la lumière en recèlent encore quelques pâles atomes longtemps après le coucber du soleil, je n'étois peut-être pour Marguerite que la pierre de Bologne d'Amandus.

Cette idée ne me Tint pas; et puis, d'ailleurs, si je m'y oonnoissois , et quel homme ne croit pas s'y connohre, il y avoit dans l'expression intelligente et significative de cette physionomie céleste une pensée qui ne pouvoit se rapporter qu'à moi, et qui n'attendoit que de moi l'échange d'une pensée.

J'essayai , je frémis de comprendre, je m'armai d'un courage héroïque, et je m'enfuis la

ET LA IfOUVBLLE MARGUERITE. î 1 iv

mort dans le cœur , à force de me croire heureux!

— l^on , non ^ Marguerite ! je ne violerai pas le sanctuaire de i<m ame innocente pour y allumer ou pour y entretenir une passion qui nous perdroit tous les deuxi

Non , je ne transplanterai pas dans le stérile désert de ma vie ta tige si fraîche et si délicate avec ses fleurs embaumées !

£t cependant quel autre que moi t'aimera comme tu dois être aimée !

J'aurois été l'autel de tes pieds, la harpe de tes soupirs, le vase de tes parfums ! j'aurois brûlé devant toi comme l'encens! je me serois*anéaiiti dans un rayon de tes yeux comme une goutte de rosée dans les feux du midi !

Oh ! ne crois pas que j'eusse dénoué les cordons de ta robe virginale avec des mains d'homme! je me serois purifié au cratère d'un volcan avant d'approcher de toi , et mes lèvres elles-mêmes ne se seroient collées à ton sein qu'à travers un voile, de crainte de le profaner,..

Mais tu es riche, Marguerite, et il n'y a point d'événement possible qui puisse te dé-

Ï16 LK ICOUVEAU FAUST

pouiller assez complètement de tant de biens inutiles pour te réduire à l'égal de ma fortune ! Tu ne serois encore que trop au-dessus d'elle et trop digne des rois !...

Non , Marguerite , non , je ne vous reverrai

jamais — à moins que le diable ne s'en

mêle. —

En finissant cette a|>ostrophe poétique , dont la fin triviale gâte un peu le commencement, je tombai d'accablement dans mon fauteuil, qui étoit pat bonbeur souple, élastique et profond.

Bine alluma sur mon bureau trois bougies , luxe inaccoutumé de mes nuits , qui me^ témoignoit par une preuve de plus la satisfaction de ma famille , et je restai livré à ma studieuse solitude.

Je me penchai un moment sur mon balcon.

Le ciel étoit limpide comme un lac , éinaillé comme une prairie.

On entendoit à peine le souffle de l'air dans les rameaux de mes jeunes arbres , et il sembloit ne les traverser, en se jouant, que pour en rapporter des émanations suaves.

Le rossignol chantoit dans le lointain ; les

ET Là. KOUVELLB HARGUEBITE. 117

phalènes bruissoient doucement en valetant sous les feuilles.

C'étoit une belle soirée pour un autre amour que celui qui m'étoit connu, un magnifique empyrée dont j'aurois voulu parcourir le»

sphères innombrables avee la rapidité des feux qui s'y croisoient de toutes parts , mais dont mon ame ne pouvoit pas plus sonder la pro« fondeur que mes yeux.

Je fermai tout pour me délivrer de ces disk traction» immenses-^ et je m'assis, dansTintention de me mettre tout de bon à la besogne , après avoir laissé tomber un dernier sourire de satisfaction sur l'admirable ordonnance de mon cabinet.

Sa description n'est pas moins nécessaire ici que la carte du Latium à l'Enéide de Yir* gile.

Mon père avoit iisiît oonstroire ce pavillon , dans des temps plus heureux , entre sa cour et son jardin, au-dessus d'une vaste allée-cochère, qui auroit pu aisément remiser dans.

ses flancs spacieux le cabriolet que je n'eua jamais.

Tout le bâtiment ne oontenoit qu'une lon-

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gue chambre en parallélogramme , éclairée à Test et à l'ouest par des fenêtres ogives, et qui s'ouvroit au midi sur un jardin de peu d'étendue, mais assez bien eonçu dans sa distribution.

Ce point étoit le seul par lequel on pût arriver à ma chambre, soit qu'on y vînt de la cour, soit qu'on y entrât du jardin, ce qui n'étoit pas difficile , son étroite enceinte com* muniquant de toutes parts et par des portes toujours ouvertes aux larges enclos de nos.

voisins.

C'étoit entre d'excellents vieillards , accoutumés à se voir depuis l'enfance, le rendezvous philosophique d'Académus et de ses amis..

Le double escalier tournant qui conduisoit au balcon n'avoit pas plus de six ilegrés, parce qu'il s'élevoit d'une terrasse.

Le second des côtés étroits du carré long qui faisoit face à l'entrée étoit occupé par mon lit, couchette modeste de l'étudiant , autour de laquelle s'arrondissoit en cloche le rideau blanc aux longs plis, passé sur une flèche dorée.

Tout le restS' de l'intérieur des murailles

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