‹ Contes en prose et en versChapitre 37 sur 55 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LB aOI DSS aABLBS.

Le lendemain, an déclin du jour, sarrini dans le même endroit un fameux bandit dont l'histoire ne conserve pa» le nom , mais qui étoit dans toute la contrée la terreur des caravanes, auxquelles il imposolt d'énormes tributs, et qu'on appeloit , par cette raison , le Roi dks Saslis, si les mémoires de cette époque re-

178 LE SONGE d'or.

culée sont fidèles. Jamais il n'étoit entré si avant dans le désert , parce que cette route n'étoit guère fréquentée des voyageurs, et Taspect de cette source et de ces ombrages réjouit son cœur , ordinairement peu sensible aux beautés de la nature, de manière qu'il avisa de s'y arrêter un moment.

« Je n'ai pas été mal inspiré , vraiment ,

> murmura-t-il entre ses dents, en apercevant

• le trésor. Le kardouon veille ici , suivant » l'usage immémorial des lézards et des dra- » gons , à la garde de cet amas d'or , dont il

> n'a que faire ; et ces trois insignes écorni-

> fleurs sont venus de compagnie pour se le » partager. Si je me cbarge de tout ce butin

> pendant qu'ils dorment, je ne manquerai

> pas de réveiller le kardouon , qui réveillera

• ces misérables, car il a toujours l'œil au » guet , et j'aurai afi^ire au lézard , au bûche-

> ron , au faquir et à l'homme de loi, qui sont

> gens âpres à la curée et capables de la dé- » fendre. La prudence m'enseigne qu'il vaut » mieux feindre de dormir à côté d'eux , tant » que les ténèbres ne sont pas tout-à-fait tom« « bées , puisqu'il paroît qu'ils se sont proposé

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