‹ Contes en prose et en versChapitre 42 sur 55 · LE COURRIER · texte numérisé non relu

LE COURRIER

Nous verrons dans huit jours un peu de changement. Je le tiens de quelqu^un qui sait révénement, Et qui dans ses calculs se trompe rarement.

Le peuple que je dis, c'est la gent nouvelliste.

On conte là- dessus: Un noble aventurier, Qui fit trembler vingt rois, qui soumit une reine, Et qui fut courtisan, philosophe et guerrier (Talents que mon esprit n'accorde pas sans peine),

Potemkin avoit un courrier Monsieur Baver trottoit du couchant k l'aurore , Hémistiche commun, mais commode et sonore.

Qui vient ici fort à mon gré; Monsieur Baver partoit. Qu'a-t-on conjecturé ?

Un royaume dans le Bosphore,

L'empire grec régénéré.

Les îles, la Tauride , et puis , que sais-je encore ! La vérité du fait (mais pourquoi la cacher ?

Cest que monsieur Baver étoit allé chercher

Des fourrures en Laponie,

De la boutargue en Albanie, De l'huile de baleine au fond du Groenland, Des liqueurs k Zara, des castrats à Milan,

Des figues à Céphalonie.

Choyé des postillons, des marchands et des rois^ Baver alloit roulant au temple de mémoire .

Quand une ornière, hélas! mit un terme à sa gtoire,

DE POTBHKI5* 199

[ £t Tarréta tout court pour la première fob :

I Ce grand homme d'état finit sei^ jours en route.

^ Que sa mort k TEurope ait rendu le repos « Comme elle le fit aux chenaux, Plus d'un réyeur le crut sans doute.

\ Dès qu'il ne courut plus on le tint trépassé.

f Un itinéraire tracé

Par une main habile , orna son cénotaphe,

I Où Ion peut lire encor cette courte épitaphe :

Ci-gît Bâter sous ce rocher.

Fouette, Cocher.

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