JE N'EN SUIS PLUS
A MOy PREMIER AMOUR.
Ain ' J'ciilciui» au loin l'aiclicl île U Folio.
O toi qui fus ma première maitresse ,
Chère Suzon , que je te trouvais bien!
Il m'en souvient, je t'admirais sans cesse;
A mon avis il ne te manquait rien.
J'ai vu, depuis, beaucoup de belles femmes!
Mais maintenant, en leur Faisant la cour,
Je vois fort bien ce qui manque à ces dames...
Je n'en suis plus à mon premier amour. (ùis.'^
Pourtant Suzon était un peu petite;
Moi je disais : « Elle en sautera mieux. »
Son nez était tait en pied de marmite;
Je le trouvais malin comme ses yeux.
D'une maîtresse, à présent, je détaille
Les traits, les pieds, jusqu'au moindre contour;
Jr vois bien vite un défaut dans sa laille...
Je n'en suis plus à mon premier amour.
Suzon Korlait avec une cornette, Jupe de toile, et fichu de Madra.*^, Ceintme en cuir compl«Mait sa toilette, Et j'étais fier de lui donner le bras.
Si, maintenant, celle que je promène N'est pas coiffée et mise au goût du jour, Je suis maussade, et je lui parle à peine... Je n'en suis plus à mon premier amour.
Chez un traiteur modeste et solitaire J'allais souvent dîner avez Suzon ; On nous servait un frugal ordinaire j J'étais près d'elle , et tout me semblait bon ; Avec ma belle, aujourd'hui, quand je dîne, Je veux bons vins et bons mets tour à tour; Un plat manqué me fait faire la mine : Je n'en suis plus à mon premier amour.
Près de Suzon on me voyait encore De ma tendresse empressé de causer, Six fois par jour lui dire je t'adore. Et puis toujours prêt à recommencer; AJais, à présent, pour peindre mon délire. J'ai beau vouloir faire le troubadour, Après deux mots, je n'ai plus rien à dire! Je n'en suis plus à mon premier amour.