LA GLOIRE ET LA FORTUNE
ou LE RÊVE d'un PAUVRE DL\BLE.
Air de la Boulangère.
Une nuit, le diable m'offrit La gloire et la fortune ,
Me disant : « Le sort te sourit,
» Choisis, mais n'en prends qu'une. »
La gloire était fort de mon goût, Mais j'aimais la fortune
Beaucoup, Oui, j'aimais la fortune.
Je dis au diable : « Eclaire-moi :
» La gloire est moins commune; » Mais je voudrais , de bonne foi ,
» Un bonheur sans lacune. »
Le diable alors me dit tout haut :
u Choisis donc la fortune, » iSigaud,
» Choisis donc la fortune. »
(' Mais je voudrais être cité
M De Rome à Pampelune, » Par tous nos poètes chanté ,
» Et plutôt deux fois qu'une. »
Le diabl«; alors me répondit :
« On trouve à la fortune » L'esprit,
H Choisis donc la fortune. »
Je dis au diable : '« J'aime encor » Et la blonde et la brune ;
» La gloire vaut-elle bien l'or » Pour séduire chacune? n
■iM) LA bLLLK DE SAVON.
n INon, » me repondit le démon , « Prends plutôt la fortune ;,
» l^Yipoii, >* Prends plutôt la fortune. »
« Mais, » repris-je, «j'avais pour but
» La scène ou la tribune :
» Puis, j'arrivais à l'Institut
» Sans clameur importune.
» Eh bien ! » répondit Lucifer,
« Prends toujours la fortune, » Mon cher,
» Prends toujours la fortune. »
En m'écriant : » Je te choisis,
» Séduisante fortune, »
Je m'éveillai,, mais je ne vis
Qu'un fort beau clair de lune ; Et j'attendrai lon{j;-temps, je croi,
La gloire et la fortune (]hez moi ,
La gloire et la fortune.