LE RETOUR
Air d'Aristippe.
Je te revois, mais tu n'es plus la même , Entre nous deux que s'est-il donc passé? Auprès de moi , ta froideur est extrême , Tes yeux distraits , ton air embarrassé. Pour oublier les ennuis de l'absence A te revoir quand j'ai su parvenir, Si tu n'as plus que de l'indifférence... Devais-tu donc me laisser revenir !
Quoique éloigné , je te voyais sans cesse , Ton souvenir me suivait en tous lieux ; Je te rêvais me prouvant ta tendresse , Me répétant le plus doux des aveux; Je te voyais versant encor des larmes Quand il fallut loin de toi me bannir !... L'illusion du moins avait des charmes... Devais-tu donc me laisser revenir !
Tu n'aimes plus... mais quel trouble t'agite?
Ton front rougit, j'entends trembler ta voix;
Plus oppressé déjà ton sein palpite,
Et ton regard devient comme autrefois.
Mais, 6 douleur!... un autre amour t'enchaîne.,
Ce doux regard, je n'ai pu l'obtenir!
Ah ! pour me faire éprouver tant de peine ,
Devais-tu donc me laisser revenir!