‹ Contes en vers et chansonsChapitre 48 sur 79 · LES SYNONYMES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES SYNONYMES FRANÇAIS

Air du vaudeville de l'Amant sumiiaiiibulc.

Souvent l'amour dans son langage Aime à changer le sens des mots ; II faut en connaître l'usage.

Pour les employer à propos.

Vou>i fjui languissez près des beJle», Pour devenir plus vite heureux.

Jeunes amans, croyez prèsdJ'eHe».

Bien moins leur bouche que leurs yeux.

IjC synonyme ch.ez les femmes Est d'im usage très-commun ; Pour r«'ussir près de ces dames, On doit n'en oublier aucun ; Dan.s un amoureux tête-à-tête, En tn'inblantsi vous agissez, Il Pniit bru.squcr votre conquête Oiian«l on vous dira : Jinisscz.

200 L,A BULLE Dt bAVOPf.

Amour constant^ soumis, fidèle, Cela se voyait autrelois ; Mais aujourd'hui ^flamme éternelle Dure à peu près deux ou trois mois.

Qui promet amour pour la vie , Yeut dire, en engageant sa foi :

« Passe-moi maiutejaiitaisie , » Je reviendrai toujours à toi. »

Des mots de : perfide , volage , !Se soyez jamais alarmé j Quanti femme vous tient ce langage , Yous avez l'espoir d'être aimé ; Du cœur quand vous serez le maître , C'est méchant qu'on vous nommera ; Et si l'on vous appelle traître , (i'est que l'on vous adorera.

LE MANQUE DE iMEMOIRE.

Air du Château de mon oncle.

Pourquoi gronder , 6 mon ancienne amie Si ma mémoire a suivi mes amours ?

J'avais, dis-tu, d'un air de bonhomie.

Fait le serment de t'adorer toujours?

Employant tout pour te rendre sensible , Je te iionnn;us et Ninon (.t Néiiu*;!

LA BULLt; DE SAVON. ^01

J'ai dit cela, ina chère, c'est possible; Mais aujourd'hui je ne m'en souviens plus.

Dans les transports de ma flamme amoureuse, Pour te prouver ma sincère amitié , J'ai , me dis-tu , vouki te voir heureuse En te donnant de mes biens la moitié ; Et par ce don, sur-le-champ exigible, Je t'assurais tous les mois mille écus ? J'ai dit cela , ma chère , c'est possible; Mais aujourd'hui je ne m^en souviens plus.

\oulant encor , contre m(»n inconstance, Te rassurer par un nœud éternel , Perdant pour toi ma douce indépendance.

J'ai désiré te conduire à l'autel j Me marier ne m'était point pénible ; Je te trouvais des grâces, des vertus... J'ai dit cola , ma clière, c'est po.ssible ; Mais aujourd'hui je ne m'en souviens phis.

Brel', tu prétends , et je veux bien le croire , Que je t'ai dit : « Si je deviens trompeur, ) Pour me punir d'une action si noire , » Je te permets de jne percer le cœur. » Ah! ne va pas, dans un transport terrible, Te préparer des regrets superflus I On dit cela , ma chère , c'est possible ; Le lendemain on ne s'en souvient plus.

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