‹ Contes en vers et chansonsChapitre 56 sur 79 · POUR LA FETE D L N LOUIS · texte numérisé non relu

POUR LA FETE D L N LOUIS

Ain : Au coin du l'eu.

A chanter je m'apprête ;

Il s'agit d'une fête

Qui vaut son prix ; Or je sens qu'il me tente, Car je sais que je chante

Pour un Louis (/e/).

L'épouse de notre hôte , Bien qu'à compter sans faute

Elle ait appris , Donnerait , je parie , Lne somme infinie

Pour son Louis.

Louis, en Terre-Sainte , Disait : « Allons sans crainte!..

Il fut occis.

Moi , vous pouvez m'en croire , Ici , j'aime mieux boire Pour mon Louis.

Quand on a quelque pièce D'une mauvaise espèce ,

On est repris ; Chez nous point d'alliage :

Nous avons en partage Ln bon Louis.

L'un veut une couronne ; Celui-ci sur le trône ,

A des soucis.

Pour nous fête complette, ÎNous sommes en goguette

Pour un Louis.

Autreibis trois déesses Découvrirent leurs... jambes

Au beau Paris.

On dit, moi je l'ignore, Que Ton en montre encore

Pour un Louis.

LES MACHirSES.

Air. ; Femmes , voulez-vous dprouvcr.

Tout n'est que machine ici-bas, Disaif un jour un pessimiste; L'homme qui fait tant d'embarras, Ne remplit qu'un rôle fort triste; Malgré lui forcé d'arriver Au but (jtie le .sort kii destine , L homme, je vais vous If prouver, N'e«t lui-même qu'une machine.

232 LA LllLLE DE SAVON.

On se lèvej il faut se couvrir;

Puis, que ion soit laquais ou comte ,

Il faut songer à se nourrir :

C'est la machine que l'on monte.

Bientôt on va la promener,

Mais , n'importe où l'on s'achemine ,

L'estomac crie, il i'aut dîner,

Ou bien , au diable la machine.

Vous me direz on peut causer j Près des belles on plaît, on brille, Parfois même l'on peut baiser La main d'une femme gentille ; Oui , si l'on prolongeait cela , (le serait charmant, j'imagine!

Mais bientôt on bâille, et voilà Qu'il fout coucher notre machine.

Foin du pessimiste maudit Qui met l'homme au niveau de Fàne^ En nous il n'a point vu d'esprit.

Il mérite qu'on le condamne ; Mais si nous perdions, par hasard.

Ce feu divin qui nous domine, La beauté, par un seul regard.

Remonterait noire machine.

LA DEMOISELLE DE QLI^SZE ANS.

AïK : Amis, voici la riante semaine.

Je touche enfin l'époque fortunée Qui fut long-temps le but de mes désirs ! Je ne suis plus d'enfans environnée , Avec quinze ans on a d'autres plaisirs. Moi , qu'on vovait toujours chanter et rire , Je suis déjà tout autre , je le sens. . . J'ai des vapeurs, je rougis, je soupire ; Ah! que c'est donc joH d'avoir quinze ans!

Pour raisonner je me sens plus d'audace , J'ai le plaisir de m'entendre louer ; Quand un vieillard auprès de moi se place, Je n'ose plus le quitter pour jouer.

Si par hasard encor mon a-il convoite Ceux que je vois courir dans tous les sens , Je reste assise , et je me tiens bien droite. . . Ah ! que c'est donc joli d'avoir quinze ans!

Je ne suis plus traitée en écolière , Lorsque je vais le soir dans un salon , D'un vieux marquis et d'une douairière Je lais souvent la partie au boston.

Quand près de nous les enfans qu'on tr>l«Te, Font les ceiit coups à leurs jeux imiocent»,

â5i LA BULLB DE SAVON.

Moi , je demande une grande niisère !

Ah ! que c'est donc joli d'avoir quinze ans !

Lorsque j'allais jadis dans la campagne ,

Tout me semblait propre à me divertir ,

Cueillir des fleurs, gravir une montagne ,

Me suffisait pour aimer à sortir.

Mais maintenant les bois ont d'autres charmes.

Du rossignol j'écoute les accens ,

Et puis mes yeux se remplissent de larmes.

Ah ! que c'est donc joli d'avoir quinze ans !

D'avoir quinze ans, oui, je suis bien heureuse, Je ne sais quoi pourtant trouble mon cœur; Etre souvent inquiète, rêveuse , Est-ce bien là ce qu'on nomme bonheur ? Vagues désirs, dont j'ignore la cause.

Vous tourmentez, vous agitez mes sens : Ah ! c'est, je crois , encor pour autre chose Que c'est, dit-on, joli d'avoir quinze ans.

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