‹ Contes en vers et poésies diversesChapitre 14 sur 15 · MARIE G · texte numérisé non relu

MARIE G

lle était blonde comme vous, Celle dont les yeux fins et doux Me laissèrent l'âme blessée.

Pourtant mon cœur n'est pas jaloux

os bonheurs de fiancée.

Honte à ceux qu'aigrit la douleur!

Je n'ai rien d'elle qu'une fleur;

Mais, quand un couple d'amants passe,

Contes et Poésies

Je dis au bon Dieu : Rendez-leur En félicité ma disgrâce.

Bien qu'il soit de vous séparé, Votre ami se sent désiré ; Il est triste comme vous l'êtes, Moi, j'ignore s'ils ont pleuré, Les charmants yeux de violettes.

Qu'on vous aime comme j'aimais, C'est le vœu que je me permets, Le secret que je vous confie.

J'ai de la peine pour jamais ; Soyez heureuse pour la vie !

Très ^Ancien Sonnet

rès du vitrail vermeil où flotte L'ombre des tilleuls du jardin, Droite dans son vertugadin, Brode la fière huguenote.

Le chat joue avec sa pelotte.

L'aiguille s'arrête; et soudain Elle perd son air de dédain, Se cache le front et sanglote.

y6 Contes et Poésies

C'est que, rouge encor du péché,

La belle comtesse a caché

Dans son sein comme une relique,

Le dernier bouquet défleuri Du petit page catholique Qu'hier a chassé son mari.

Caprice ^Attendri

u paradis d'amour, mon enfant, je le sais, On ne mord qu'une fois la pomme tentatrice; Et nous portons tous deux l'ardente cicatrice Du coup qui pour jamais jadis nous a blessés.

Mais pour ne plus avoir les espoirs insensés, Il ne faut pourtant pas que tout bonheur périsse; Nous savons le saisir encor dans un caprice, Nous nous attendrissons une heure, et c'est assez.

c)8 Contes et Poésies

Renouvelons, veux-tu? l'illusion charmante; Jette-moi tes deux bras au cou, comme une amante, Baise-moi sur la bouche et dis-moi : M'aimes-tu ?

Mon enfant, oublions l'Eden et notre chute,

Et bénissons l'amour si, pour une minute,

Nos yeux se sont mouillés et nos cœurs ont battu.

Tour une Tlond

e inconnue

e ne vous connais pas, mais pas le moins du monde. Je ne sais rien de vous, pas même votre nom, Pas même la couleur de vos yeux ; rien, sinon Que vous êtes jolie et que vous êtes blonde.

Ce caprice vous vint, pendant une seconde, De vouloir de mes vers, et je n'ai pas dit : Non. Vos cheveux sont l'aurore, et, pareil à Memnon, Il faut qu'à ce lever de soleil je réponde.

Contes et Poésies

Car un amour perdu, mais dont je souffre encor, Naguère m'inspira pour un front nimbé d'or; Ce sont des cheveux blonds qui me firent poète.

Toute blonde me rend mon ancienne langueur; Aussi pour vous ces vers ont chanté dans ma tète, Rhythmés aux battements plus émus de mon cœur.

'Ballade

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