D'APRÈS LE TABLEAU DE GUSTAVE JACQ.UET
u sortir du lit de dentelle, Les cheveux emmêlés encor, Ce matin, à quoi rêve-t-elle Dans le vieux fauteuil gaufré d'or ?
Sur sa poitrine, sa main fine Se pose d'un geste distrait.
Hélas ! est-ce qu'elle y devine Le lent travail d'un mal secret ?
74 Coules et Poésies
Car c'est un matin de novembre, Et sous le velours onduleux De la longue robe de chambre, Son frêle corps est tout frileux.
On dirait presque qu'elle tremble j Ce cher visage est amaigri, Et cette bouche exquise semble Avoir plus toussé que souri.
Serait-il si cruel, le rêve De l'enfant pensive aux yeux las ?
Songe-t-elle qu'elle est bien brève La claire saison des lilas ?
Pauvre mignonne! Songe-t-elle Que l'automne vient de finir, Qu'il fait froid et que l'hirondelle Sera bien lente à revenir?
Le Régiment qui passe