XC1V
Vers écrits a la marge d'un manuscrit de madame du Châtelet sur Newton.
Penser avec solidité,
Et d’un style brillant et sage Oser écrire avec courage ■
Ce que le génie a dicté;
Être femme, avoir en partage Et la grandeur et la beauté,
Sans être vaine ni volage ;
Sur les hommes, en vérité,
C’est avoir pris trop d’avantage.
POÉSIES HÉLÉES. Qf)g
A M. l'abbé, depuis cardinal de Berni».
Votre muse vive et coquette,
Cher abbé, me paraît plus faite Pour un souper avec l'amour,
Que pour un souper de poète.
Venez demain chez Luxembourg,
Venez la tête couronnée De lauriers , de myrte et de fleurs ;
Et que ma muse un peu fanée Se ranime par les couleurs Dont votre jeunesse est ornée.
Anglais , qui avait comparé l'auteur au soleil.
Le soleil des Anglais , c’est le feu du génie ;
C’est l’amour de la gloire et de l’humanité,
Celui de la patrie et de la liberté :
Voilà leur Apollon , voilà leur Polymnie.
Le feu que Prométhée au ciel avait surpris,
N’est point dans les climats, il est dans les esprits;
Le Nord n’en éteint point les flammes immortellas,
Partout vous en portez les vives étincelles.
Vous brillerez partout, dans la chaire , au sénat;
Vous servirez le prince , et beaucoup mieux l’Etat :
Et né pour instruire et pour plaire,
Ce feu que vous tenez de votre illustre père A dans vous un nouvel éclat.
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A MADAME’dE. BOUFFLERS,
En lui envoyant un exemplaire de la Henriade.
Vos yeux sont beaux , mais votre âme est plus belle.
Vous êtes simple et naturelle,
Et sans prétendre à rien , vous triomphez de tous.
Si vous eussiez vécu du temps de Gabrielle ,
Je ne sais pas ce qu’on eût dit de vous,
Mais l’on n’aurait point parlé d’elle.