‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 125 sur 174 · A M. D’ARNAUD · texte numérisé non relu

A M. D’ARNAUD

Qui lui avait adressé des vers très flatteurs.

Mon cher enfant, tous les rois sont loués,

Lorsque l’on parle à leur personne;

Mais ces éloges qu’on leur donne Sont trop souvent désavoués.

J’aime peu la louange , et je vous la pardonne ;

Je la chéris eu vous puisqu’elle vient du cœur.

Vos vers ne sont pas d’un flatteur ;

Vous peignez mes devoirs, et me faites connaître Non pas ce que je suis, mais ce que je dois être.

Poursuivez et croissez en grâces, en vertus;

Si vous me louez moins, je vous louerai bien plus.

A MADAME DE POMPADOUR

Dessinant une tête.

Pompadour, ton crayon divin Devait dessiner ton visage :

Jamais une plus belle main N’aurait fait un plus bel ouvrage.

A LA MÊME

Après une maladie.

Lachésis tournait son fuseau,

Filant avec plaisir les beaux jours d’Isabelle :

J’aperçus Atropos qui , d’une main cruelle ,

Voulait couper le fil , et la mettre au tombeau.

J’en avertis l’Amour ; mais il veillait pour elle,

Et du mouvement de son aile,

Il étourdit la Parque, et brisa son ciseau.

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