‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 126 sur 174 · COMPLIMENT · texte numérisé non relu

COMPLIMENT

Adressé au roi Stanislas et à madame la princesse de la Rochesur-Yon, sur le théâtre de Lunéville, par M. de Voltaire, qui venait d'y jouer le rôle de l’assesseur dans l’Étourderie.

O Roi dont la vertu, dont la loi nous est chère , Æ

Esprit juste , esprit vrai , cœur tendre et généreux f Nous devons chercher à vous plaire,

Puisque vous nous rendez heureux. ,

Et vous fille des rois, princesse douce, affable,

Princesse sans orgueil, et femme sans humeur,

De la société, vous, le charme adorable,

Pardonnez au pauvre assesseur.

AU MÊME

A la clôture du théâtre de Lunéville.

Des jeux où présidaient les Ris et les Amours La carrière est bientôt bornée ;

Mais la vertu dure toujours,

Vous êtes de toute l’année.

Nous faisions vos plaisirs, et vous les aimiez courts;

Vous faites à jamais notre bonheur suprême,

POÉSI ES MÊLÉES.

Et vous nous donnez tous les jours Dn spectacle inconnu trop souvent dans les cours : C’est celui d’un roi que l’on aime.

'AU ROI DE PRUSSE

Les lauriers d’Apollon se fanaient sur la terre ;

Les beaux arts languissaient ainsi que les vertus ;

La Fraude aux yeux menteurs, et l’aveugle Plutus, Entre (es mains des rois gouvernaient le tonnerre.

La Nature indignée élève alors la voix :

<t Je veux former, dit-elle, un règne heureux et juste; « Je veux qu’un héros naisse, et qu’il joigne à la fois « Les talents de Virgile et les vertus d’Auguste,

•« Pour le bonheur du monde et l’exemple des rois. » Elle dit , et du ciel les Vertus descendirent ,

Tout le Nord tressaillit, tout l’Olympe accourut;

Les myrtes, les lauriers, les palmes reverdirent,

Et Frédéric parut.

AU MÊME

O fils aîné de Prométhée ,

Vous eûtes , par son testament ,

L’héritage du feu brillant Dont la terre est si mal dotée.

On voit encor, mais rarement,

Des restes de ce feu charmant Dans quelques françaises cervelles.

Chez nous ce sont des étincelles :

3 J 4 POÉSIES MÊLÉES

Chez vous c’est un embrasement.

Pour ce Boyer , ce lourd pédant ,

Diseur de sottise et de messe ,

11 connaît peu cet élément ;

Et dans sa fanatique ivresse,

Il voudrait brûler saintement Dans des flammes d’une autre espèce.

IMPROMPTU

Sur une rose demandée par le même roi.

Phénix des beaux esprits , modèle des guerriers ,

Cette rose naquit au pied de vos lauriers.

A MADAME

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