‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 131 sur 174 · ULRIQUE ET AMÉLIE · texte numérisé non relu

ULRIQUE ET AMÉLIE

Si Paris venait sur la terre Pour juger entre vos beaux yeux,

Il couperait la pomme en deux,

Et ne produirait plus de guerre.

POÉSIES MÊLÉES. 3ig

AUX MÊMES

Pardon, charmante Ulric , pardon , belle Amélie :

J’ai cru n’aimer que vous le reste de ma vio,

Et ne servir que sous vos lois ;

Mais enfin j’entends et je vois Cette adorable sœur dont l’Amour suit les traces. (*)

Ah ! ce n’est pas outrager les trois Grâces

Que de les aimer toutes trois. .

Vers qui accompagnaient une branche de laurier cueillie sur le tombeau de Virgile, et envoyée parla margrave de Bareitk au roi de Prusse son frère.

Sur l’urne de Virgile un immortel laurier De l’outrage du temps seul a pu se défendre ;

Toujours vert et toujours entier,

Je voulais le cueillir, et n’osais l’entreprendre.

Prévenant mon effort, je l’ai vu se plier,

Et cette voix s’est fait entendre :

Approche , auguste sœur du rival d’Alexandre ;

Frédéric de ma lyre est le digne héritier :

J’y joins un nouveau don que lui seul peut prétendre ;

Déjà son front par Mars iut cinq fois couronné; Qu’aujourd’hui par ta main il soit encore orné Du laurier qu’Apoïlon fit naître de ma cendre.

(+) Madame la margrave de Bareith.

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