‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 136 sur 174 · A M. LE MARECHAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

A M. LE MARECHAL DE RICHELIEU

Après la prise du Port-Mahon.

Rival du conquérant de l’Inde,

Tu bois , tu plais et tu combats ;

Contes, Satires, etc. ai

Le pampre, le laurier, le myrte suit tes pas.

Tu prends Chypre et Mahon, mais nous perdons le Pinde. Eu vain l’Anglais moqueur lançait de toutes parts ,

Sur un vaisseau musqué, les feux et les brocards:

Chez nous l’ambre est ami de la fatale poudre,

Tu semais les bons mots, les souris et la foudre.

L’ironie à tes pieds tombe avec leurs remparts ;

Leurs chansons t’insultaient , leurs défaites te vantent. Mais nos rimeurs jaloux profanent tes lauriers.

Veux-tu rendre l honneur à tes succès guerriers?

Viens siffler tous ceux qui les chautent.

A MADAME DU BOCAGE

Es vain Milton , dont vous suivez les traces Peint Page d’or comme un songe effacé ;

Dans vos écrits, embellis par les grâces,

On croit revoir un temps trop tôt passé.

Vivre avec vous dans le temple des muses ,

Lire vos vers , et les voir applaudis ,

Malgré l’enfer , le serpent et ses ruses :

Charmante Eglé , voilà le paradis.

ËPIGRAMME

Imitée de l'Anthologie.

L’autre jour, au fond d'un vallon,

Un serpent piqua Jean Frérou :

Que pensez-vous qu’il arriva?

Ce fut le serpent qui creva.

POÉS'jES MÊLÉES.

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