A M. LE PRINCE DE LIGNE
Sous un vieux chêne, un vieux hibou Prétendait aux dons du génie ;
Il fredonnait, dans son vieux trou, Quelques vieux airs sans harmonie :
Un charmant cygne, au cou d’argent,
Aux sons remplis de mélodie,
Se fit entendre au chat-huant,
Et le triste oiseau sur-le-champ Mourut, dit-on, de jalousie.
Non, beau cygne, c’est trop mentir j Il n’avait pas tant de faiblesse :
Il eût expiré de plaisir,
Si ce n’eût été de vieillesse.
Contes, 5â tires, etc. 23"
A M. D’IIERMENCHES,
Baron de Constant, etc. qui avait joué la comédie à Ferney, et chanté des couplets à la louange de l'auteur, sur l’air, Vive ta sorcellerie , à la suite d'une petite pièce où il faisait le rôle d'un magicien.
De nos hameaux vous Ôtes l’enchanteur;
De mes écrits vous voilez la faiblesse;
Vous y mettez, par uu art séducteur,
Ce qu’ils n’ont point, la grâce , la noblesse.
C’est bien raison qu’un sorcier si flatteur Pour son épouse ait une enchanteresse.