‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 168 sur 174 · A MADAME DE FLORIAN · texte numérisé non relu

A MADAME DE FLORIAN

Qui voulait que l'auteur vécût long-temps. ,

Vous voulez arrêter mon âme fugitive;

Ah ! Madame , je le vois bien ,

De tout ce qu’on possède on ne veut perdre rien;

On veut que son esclave vive.

Je le ferai bientôt ce voyage éternel Dont on ne revient point au séjour de la vie :

En vain vous prétendez que le Dieu d’Israël Daignera me prêter, comme au bon homme Ëlie,

Un beau cabriolet des remises du ciel,

Avec quatre chevaux de sa grande écurie;

Dieu fait depuis ce temps moins de cérémonie :

Le luxe était permis dans le vieux Testament;

De la nouvelle loi la rigueur le condamne ;

Tout change sur la terre et dans le firmament :

Ëlie eut un carrosse , et Jésus n’eut qu’un âne.

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