‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 33 sur 174 · SUR L'APOLOGIE DU LUXE · texte numérisé non relu

SUR L'APOLOGIE DU LUXE

J’ai lu, Madame, l’ingénieuse Apologie du luxe; je regarde ce petit ouvrage comme une excellente leçon de politique, cachée sous un badinage agréable. Je me flatte d avoir démontré , dans mon Essai politique sur le commerce , combien ce goût des beaux arts, et cet emploi des richesses, cette âme d’un grand Etat, qu’on nomme luxe, sont nécessaires pour la circulation de l’espèce et pour le maintien de l’industrie; je vous regarde, Madame, comme un des grands exemples de cette vérité. Combien de familles de Paris subsistent uniquement par la protection que vous donnez aux arts a ? Que l’on cesse d’aimer les tableaux, les estampes, les curiosités, en toute sorte de genre; voilà

1 Cette lettre fut écrite dans le temps que la pièce du Mondain parut, en 1,73.6.

1 Madame la comtesse de Verrue, mère de madara'e la princesse deCarignan, dépensait cent mille francs par an en curiosités : elle s'était formé un des beaux cabinets dç l’Europe en raretés et en tableaux. Elle rassemblait chez elle une société de philosophes , auxquels elle fit des legs par son testament. Elle mourut avec la fermeté et la simplicité de la philosophie la plus intrépide.

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