A MADAME DE LA VRILLIÈRE
Quelle beauté, dans cette nuit profonde, Vient éclairer nos rivages heureux !
Serait-ce point la nymphe de cette onde, Qu’amène ici le satyre amoureux ?
Je vois s’enfuir la jalouse dryade,
Je vois venir le faune dangereux.
Non , ce n'est point une simple naïade :
A tant d’attraits dont nos cœurs sont frappés,
À tant de grâce , à cet art de nous plaire ,
A ces amours autour d’elle attroupés,
Je reconnais Vénus ou La Vrillière.
O Déité ! qui que ce soit des deux ,
Vous qui venez prendre un rhume en ces lieux, Heureux cent fois, heureux l’aimable asile Qui vers minuit possède vos appas!
Et plus heureux les rimeurs qu’on exile Dans ces jardins honorés par vos pas.
A MADAME DE LISTEN Al.
Aimable Listenai, notre fête grotesque Ne doit point déplaire à vos yeux :
Les Amours en chiants-lit déguisés dans ces lieux, Sont toujours les Amours; et l’habit romanesque Dont ils sont revêtus ne les a pas changés :
Vous les voyez encore autour de vous rangés.
Ces guenillons brillants, ces masques, ce mystère, Ces méchants violons dont on vous étourdit,
Ce bal et ce sabbat maudit,
Tout cela dit pourtant que l’on voudrait vous plaire.