‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 88 sur 174 · LA MARQUISE DU CHATELET · texte numérisé non relu

LA MARQUISE DU CHATELET

To dt est égal , et la nature sage Veut au niveau ranger tous les humains :

Esprit, raison, beaux yeux, charmant visage,'

Heur de santé, doux loisir, jours sereins;

Vous avez tout, c’est-là votre partage.

Moi , je parais un être infortuné ,

De la nature enfant abandonné ,

Et n’avoir rien , semble mon apanage ;

Mais vous m’aimez, les Dieux m'ont tout donné.

Vers de M. de Formont à M. de Voltaire.

Assis devant votre pupitre,

Avec votre plume j’écris.

Cela semble d’abord un titre Pour façonner des vers polis ;

Aussi je voulais vous en faire;

Mais Apollon -ma reconnu :

J eus beau vouloir vous contrefaire,

De lui je n’ai rien obtenu.

(8) M. de Voltaire, ayant joint à l'envoi dp ce madrigal 1 épigramme sur J. U. Rousseau : Certain émérite envieux , etc. mandait à madame du Châtelet : «Voici des (leurs et des épines que,je vous envoie. Je « suis comme saint Pacôme qui, récitant ses matines sur sa chaise per- « cée , disait au diable ; Mon ami , ce qui va en haut est pour Dieu , ce « qui tombe en bas est pour toi. Le diable c’est Rousseau, et pour “ Dieu , vous savez bien que c’est vous. »

Je vois trop que c’est temps perdu,

Et qu’il ne répond qu’à Voltaire.

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