LA MARQUISE DU CHATELET
To dt est égal , et la nature sage Veut au niveau ranger tous les humains :
Esprit, raison, beaux yeux, charmant visage,'
Heur de santé, doux loisir, jours sereins;
Vous avez tout, c’est-là votre partage.
Moi , je parais un être infortuné ,
De la nature enfant abandonné ,
Et n’avoir rien , semble mon apanage ;
Mais vous m’aimez, les Dieux m'ont tout donné.
Vers de M. de Formont à M. de Voltaire.
Assis devant votre pupitre,
Avec votre plume j’écris.
Cela semble d’abord un titre Pour façonner des vers polis ;
Aussi je voulais vous en faire;
Mais Apollon -ma reconnu :
J eus beau vouloir vous contrefaire,
De lui je n’ai rien obtenu.
(8) M. de Voltaire, ayant joint à l'envoi dp ce madrigal 1 épigramme sur J. U. Rousseau : Certain émérite envieux , etc. mandait à madame du Châtelet : «Voici des (leurs et des épines que,je vous envoie. Je « suis comme saint Pacôme qui, récitant ses matines sur sa chaise per- « cée , disait au diable ; Mon ami , ce qui va en haut est pour Dieu , ce « qui tombe en bas est pour toi. Le diable c’est Rousseau, et pour “ Dieu , vous savez bien que c’est vous. »
Je vois trop que c’est temps perdu,
Et qu’il ne répond qu’à Voltaire.