‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 9 sur 174 · DE CATHERINE VA D Ê · texte numérisé non relu

DE CATHERINE VA D Ê

« m’a pas été plus utile que les autres; est-ce que Jé- « rôme n’aurait pas de crédit eu paradis ? J’ai consulté « sur cette affaire un très savant homme ; il m’a dit « que Jérôme était le plus colère de tous les hommes > « qu’il avait dit de grosses injures au saint évêque de « Jérusalem Jean , et au saint prêtre Rufin ; que même « il appela celui-ci hydre et scorpion , et qu'il l’insulta « après sa mort : il m’a montré les passages. Je me « vois obligé de renoncer enfin à Jérôme, et de m ap- « peler Carré tout court, ce qui est bien désagréable. »

C’est ainsi que Carré déposait sa douleur dans le sein de frère Giroflée, lequel lui répondit : Vous ne manquerez pas de saints, mon cher enfant, prenez Saint François d’ Assise. Non, fit Carré, sa femme de neige me donnerait quelquefois des envies de rire , et ceci est une affaire sérieuse. — Hé bien, prenez Saint Dominique. — Non, il est l’auteur de Iinquisition. — Voulez-vous de Saint Bernard? — Il a trop persécuté ce pauvre Abélard, qui avait plus d esprit que lui, et il se mêlait de trop d’affaires ; donnez-moi un patron qui ait été si humble que personne n’en ait jamais entendu parler, voilà mon saint.

Frère Giroflée lui remontra l’impossibilité d’être canonisé et ignoré. Il lui donna la liste de plusieurs autres patrons que notre ami ne connaissait pas, ce qui revenait au même ; mais à chaque saint qu il proposait , il demandait quelque chose pour son couvent ,

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