‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 105 sur 175 · SUR M. DE LA CONDAMINE · texte numérisé non relu

SUR M. DE LA CONDAMINE

Qui était occupé de la mesure d'un degré du méridien au Pérou , lorsque M. de Voltaire faisait Alzire.

Ma muse et son compas sont tous deux au Pérou. Il suit , il examine , et je peins la nature ; Je m'occupe à chanter les pays qu'il mesure.

Qui de nous deux est le plus fou ?

ÊPIGRAMME. V

Certain cafard , jadis jésuite.,

Plat écrivain , depuis deux jours

Ose gloser sur ma conduite ,

Sur mes vers et sur mes amours :

En bon chrétien je lui fais grâce.

Chaque pédant peut critiquer mes vers j Mais sur l'amour jamais un fils d'Ignace

Ne glosera que de travers.

Qui était à l'armée d'Italie»

Ainsi ïe bal et la tranchée ,

Les boulets , le vin et l'amour

Savent occuper tour a tour Votre vie aux devoirs, aux plaisirs attachée. Vous suivez de Villars les glorieux travaux , A de pénibles jours joignant des nuits passables. Eh bien ! vous serez donc le second des héros ,

Et le premier des gens aimables.

LES TROIS BERNARDS.

Dans ce pays trois Bernards sont connus ;

L'un est ce saint ; ambitieux reclus,

Prêcheur adroit, fabricateur d'oracles j

L'autre Bernard est l'enfant de Plutus ,

Bien plus grand saint , faisant plus grands miracles ;

Et le troisième est l'enfant de Phébus ,

Gentil Bernard , dont là muse féconde

Doit faire encor les délices du monde,

Quand des premiers on ne parlera plus*

Invitation au même.

Au nom du Pinde et de Cjtkère , Gentil Bernard, sois averti

POÉSIES MÊliÉKS. 387

Que l'Art d'aimer doit, samedi , Venir souper chez l'Art de plaire. (*)

Vers mis au bas d'un portrait de Leibniu.

Il fut dans l'univers connu par ses ouvrages, Et dans son pajs même il se fit respecter :

Il éclaira les rois , il instruisit les sages y <

Plus sage qu'eux , il sut douter.

A MADAME DE BASSOMPIERRÇ, Abhesse de Poussai»

Avec cet air si gracieux Iî'abbesse de Poussai me chagrine , me blesse.

De Montmartre la jeune abbesse

De mon héros combla les vœux ?

Mais celle de Poussai l'eût rendu malheureux. Je ne saurais souffrir les beautés sans faiblesse.

Vers de M. Linant à M., de Voltaire.

Le nom qu'au prix de ta santé T'ont fait tes vers et ton histoire , Crois-moi , n'est pas trop acheté :

Tu te portes , en vérité , Encor trop bien pour tant de gloire.

( * J Madame la marquise du Châtelet

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