SUR M. DE LA CONDAMINE
Qui était occupé de la mesure d'un degré du méridien au Pérou , lorsque M. de Voltaire faisait Alzire.
Ma muse et son compas sont tous deux au Pérou. Il suit , il examine , et je peins la nature ; Je m'occupe à chanter les pays qu'il mesure.
Qui de nous deux est le plus fou ?
ÊPIGRAMME. V
Certain cafard , jadis jésuite.,
Plat écrivain , depuis deux jours
Ose gloser sur ma conduite ,
Sur mes vers et sur mes amours :
En bon chrétien je lui fais grâce.
Chaque pédant peut critiquer mes vers j Mais sur l'amour jamais un fils d'Ignace
Ne glosera que de travers.
Qui était à l'armée d'Italie»
Ainsi ïe bal et la tranchée ,
Les boulets , le vin et l'amour
Savent occuper tour a tour Votre vie aux devoirs, aux plaisirs attachée. Vous suivez de Villars les glorieux travaux , A de pénibles jours joignant des nuits passables. Eh bien ! vous serez donc le second des héros ,
Et le premier des gens aimables.
LES TROIS BERNARDS.
Dans ce pays trois Bernards sont connus ;
L'un est ce saint ; ambitieux reclus,
Prêcheur adroit, fabricateur d'oracles j
L'autre Bernard est l'enfant de Plutus ,
Bien plus grand saint , faisant plus grands miracles ;
Et le troisième est l'enfant de Phébus ,
Gentil Bernard , dont là muse féconde
Doit faire encor les délices du monde,
Quand des premiers on ne parlera plus*
Invitation au même.
Au nom du Pinde et de Cjtkère , Gentil Bernard, sois averti
POÉSIES MÊliÉKS. 387
Que l'Art d'aimer doit, samedi , Venir souper chez l'Art de plaire. (*)
Vers mis au bas d'un portrait de Leibniu.
Il fut dans l'univers connu par ses ouvrages, Et dans son pajs même il se fit respecter :
Il éclaira les rois , il instruisit les sages y <
Plus sage qu'eux , il sut douter.
A MADAME DE BASSOMPIERRÇ, Abhesse de Poussai»
Avec cet air si gracieux Iî'abbesse de Poussai me chagrine , me blesse.
De Montmartre la jeune abbesse
De mon héros combla les vœux ?
Mais celle de Poussai l'eût rendu malheureux. Je ne saurais souffrir les beautés sans faiblesse.
Vers de M. Linant à M., de Voltaire.
Le nom qu'au prix de ta santé T'ont fait tes vers et ton histoire , Crois-moi , n'est pas trop acheté :
Tu te portes , en vérité , Encor trop bien pour tant de gloire.
( * J Madame la marquise du Châtelet