‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 110 sur 175 · A MADAME LA MARQUISE D'USSE · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE D'USSE

L'Art dit un jour à la Nature :

Vous n'égalez jamais les œuvres de ma main ; Vous agissez sans choix , vous créez sans dessein' :

Que feriez-vous sans ma parure ?

Un teint flétri par vous s'embellit par mon fard; C'est moi qui d'une prude arrange la sagesse ; Des coquettes beautés je conduis la finesse,

POÉSIES MÊLÉES. agi

Ettaène sous mon étendard

Et les beaux esprits et les belles.

J'ai seul dicté sans vous les vers de Fontenelles,

Et les fables du sieur Houdart. v

Ainsi , belle dTJssé , l'Art se croyait le maître , Et le monde à son char paraissait s'attacher;

Mais la Nature vous fit naître ,

Et l'Art confus s'alla cacher.

t A MADAME DU CHATELET,

Qui dînait avec l'auteur dans un collège , et qui avait soupe la veille avec lui dans une hôtellerie.

M'e st-il permis , sans être sacrilège , De révéler votre sec* et ?

Vénus vint , sous vos traits , souper au cabaret , Et Minerve aujourd'hui vient dîner au collège.

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