‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 111 sur 175 · A UN BAVARD · texte numérisé non relu

A UN BAVARD

Il faudrait penser pour écrire : ♦♦

Il vaut encor mieux effacer.

Les auteurs quelquefois ont écrit sans penser , Comme on parle souvent sans avoir rien à dire.

IMPROMPTU

Écrit sur la feuille du suisse de M. le duc de la Valliére, à qui l'auteur allait demander la romance de Gabrielle de Verjgj.

En votez-moi, par charité, Cette romance qui sait plaire , Et que je donnerais par pure vanité , Si j'avais eu le bonheur de la faire.

A M. DE CORLON,

Qui était avec l'auteur à Monjeu , chez M. le Hue de Guise ,

alors malade.,

Je sais ce que je dois, et n'en fais jamais rien.

Au lieu d'aller tâter le pouls de son Altesse ,

J'abandonne son lit sans dormir dans le mien.

Je renonee aux dîners , au piquet, à la messe,

Très mauvais courtisan , bien plus mauvais chrétien f

Libertin dans l'esprit , et rempli de paresse.

Ah ! monsieur de Cor Ion , que vous êtes heureux !

Plus libertin que moi sans être paresseux ,

On vous trouve à toute heure , et vous savez tout faire.

De grâce enseignez-moi ce secret précieux

De vous lever matin, de dîner et de plaire.

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