LXXXVIII
A M. CLOZIER.
Qui avait envoyé à l'auteur un poème sur la grâce.
Lorsque vous me parlez des grâces naturelles
Du héros votre commandant , (*) Et de la déité qu'on adore à Bruxelles, (**)
C'est un langage qu'on entend.
La grâce du Seigneur est bien d'une autre espèce : Moins vous nous l'expliquez , plus vous en parlez bien :
Je l'adore et n'y comprends rien. '
L'attendre et l'ignorer, voilà notre sagesse. Tout docteur, il est vrai, sait le secret dé Dieu. Élus de l'autre monde, ils sont dignes d'envie.
Mais qui vit auprès d'Emilie,
Ou bien auprès de Richelieu ,
Est un élu de cette vie.
Sur le mariage du fils .du doge de Venise avec la fille duo
ancien doge.
Ve n i s e et la mère d'Am our Naquirent dans le sein de l'onde ; Ces deux puissances tour à tour Ont été la gloire du monde :
C'est pour éterniser un triomphe si beau
Qu'aujourd'hui l'Amour sans bandeau Unit deux cœurs qu'il favorise ; Et c'est un triomphe nouveau Et pour Vénus et p\mr Venise.
(*) M. le duc de Richelieu.
(**) La marquise du Châtelet était alors à Bruxelles.
POÉSIES MÊLÉES, 2QJ
L'EPIPHANIE DE r 7 4i.
Stuart ? chasse par les Anglais , Dit son rosaire en Italie :
Stanislas , ex-roi polonais ^ Fume sa pipe en Australie ; L'empereur, chéri des Français, Vit à l'auberge en Franconie ; La belle reine des Hongrais Se rit de cette épiphanie.