‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 113 sur 175 · DE MADAME LA DUCHESSE DE LA VÀLLIÈREL · texte numérisé non relu

DE MADAME LA DUCHESSE DE LA VÀLLIÈREL

Être femme sans jalousie, Et belle sans coquetterie , Bien juger sans beaucoup savoir , Et bien parler sans le vouloir, ' N'être haute , ni familière , N'avoir point d'inégalité , C'est le portrait de La Vallière ; Il n'est ni fini , ni flatté.

ÊPIGRAMME.

Connaissez- vous certain rimeur obscur, Sec et guindé, toujours froid , toujours dur, Ayant la rage et non l'art de médire , Qui ne peut plaire , et peut encor moins nuire , Pour ses méfaits dans la geôle encagé , A Saint-Lazare après ce fustigé , Chassé, battu , détesté pour ses crimes , Honni , berné , conspué pour ses rimes, Cocu , content , parlant toujours de soi ?

Chacun s'écrie : Eh! c'est le poète Roi.

IMPROMPTU

Fait dans les jardins de Cirey , en se promenant an clair de la

lune.

Astre brillant , favorable aux amants , Porte ici tous les traits de ta douce lumière : Tu ne peux éclairer , dans ta vaste carrière , Deux cœurs plus amoureux , plus tendres, plus constants.

A MADAME DU CHÀTELÈy,

En recevant scm portrait.

Traits charmants, image vivante Du tendre et cher objet 4e ma brûlante ardeur ! L'image que l'amour a gravée en mon cœur,

Est mille fois plus ressemblante.

A LA MÊME

Mon cœur est pénétré de tout ce qui vous touche ; De la félicité je vous fais des leçons :

Mais je suis peu 6aVant; un mot ûe vôtre bouche Vaut bien mieux tgue tous mes semons*

ag6 poésies mêlées.

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