‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 122 sur 175 · MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADRIGAL

Projet flatteur d'engager une belle, Soins concertés de lui faire la cour, Tendres écrits , serments d'être fidèle ,

(*) La voici :

Je suis des Musulmans l'horreur et le modèle : J'ai suivi les Césars, et suis encor pucelle. Soit qu'il pleuve ou qu'il tonne , Je vais à l'abreuvoir ; Et la place que j'abandonne Ne sera prise par personne , Qu'il n'ait pissé sur son mouchoir.

POÉSIES MÊLÉES. 3o5

Airs empressés , vous n'êtes point l'amour.

Mais se donner sans espoir de retour , Par son désordre annoncer que l'on aime, Respect timide avec ardeur extrême , Persévérance au comble du malheur , Voilà l'amour : il n'est que dans mon cœur.

A MADAME DE POMPADOUR

Alors madame d'Étiolé, qui venait de jouer la comédie aux

petits appartements.

Ainsi donc vous réunissez Tous les arts, tous les goûts, tous les talents de plaire :

Pompadour , vous embellissez

La cour, le Parnasse et Gythère.

Charme de tous les cœurs, trésor d'un seul mortel,

Qu'un sort si beau soit éternel !

Que vos jours précieux soient marqués par des fêtes ; Que la paix dans nos champs revienne avec Louis !

Soyez tous deux sans ennemis ,

Et tous deux gardez vos conquêtes.

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