‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 168 sur 175 · DE M. LE MARQUIS DE YILLETTE · texte numérisé non relu

DE M. LE MARQUIS DE YILLETTE

A Ferney, en 1777.

I L est vrai que le dieu d'amour, Fatigué du plaisir volage, Loin de la ville et de la cour, Dans nos champs a fait un voyage»

Je l'ai vu ce dieu séducteur; Il courait après le bonheur , Il ne l'a trouvé qu'au village.

356 POÉSIES HÉLÉES.

A MADAME DE FLORIAN, Qui roulait que l'auteur vécût long-temps.' ,

Yods voulez arrêter mon âme fugitive ;

Ah ! Madame , je le vois bien , De tout ce qu'on possède on ne veut perdre rien ; ' v

On veut que son esclave vive.

Je le ferai bientôt ce voyage éternel Dont on ne revient point au séjour de la vie : En vain vous prétendez que le Dieu d'Israël Daignera me prêter, comme au bon homme Élie, Un beau cabriolet des remises du ciel , Avec quatre chevaux de sa grande écurie ; Dieu fait depuis ce temps moins de cérémonie : Le luxe était permis dans le vieux Testament; De la nouvelle loi la rigueur le condamne ; Tout change sur la terre et dans le firmament : Elie eut un carrosse, et Jésus n'eut qu'un âne.

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