‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 23 sur 175 · LE DIMANCHE · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE

11 rend avec plaisir ce service à Vulcain ;

En petits vers galants sa disgrâce il raconte';

Il assemble en chantant tout le conseil divin.

Mars se réveille au bruit aussi bien que sa belle;

Ce Dieu- très éhonté ne se dérangea pas;

Il tint sans s'étonner Vénus entre ses bras ,

Lui donnant cent baisers , qui sont rendus par elle.

Tous les dieux à Vulcain firent leur compliment ;

Le père de Vénus en rit long-temps lui-même. *

On vanta du lacet l'admirable instrument,

Et chacun dit : Bon homme, attrapez-nous de même.

Lorsque la belle Alcithoé , Eut fini son conte pour rire , Elle dit à sa sœur Thémire :

Tout ce peuple chante Êvoé; Il s'enivre , il est en délire ; U croit que la joie est du bruit. Mais vous que la raison conduit , Nauriez-vous donc rien à nous dire ?

Thémire à sa sœur répondit :

La populace est la plus forte ; Je crains ces dévots, et fais bien ; A double tour fermons la porte , Et poursuivons notre entretien.

Votre conte est de bonne sorte j D'un vrai plaisir il me transporte ; Fourrez-vous écouter le mien ?

C'est de Vénus qu'il faut parler encore; Sur ce sujet jamais on ne tarit ; Filles , garçons , jeunes , vieux , tout l'adore : Mille grimauds font des vers sans esprit

Page 1