‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 25 sur 175 · OU LES FILLES SE BINÉE · texte numérisé non relu

OU LES FILLES SE BINÉE

On vous l'enterre arec solennité ; Six jours entiers l'enfer est sa demeure ( Il est damne tant en corps qu'en esprit ; Dana ces six jours chacun gémit et pleure , Mais le septième il ressuscite } en rit.

Telle est , dit-on , la belle allégorie i * Le vrai portrait de l'homme et de la vie , Six jours de peine, un seul jour de bonheur.

Du mal au bien toujours le destin change , Mais il est peu de plaisirs sans douleur, Et nos chagrins sont souvent sans utéiange.

De la sage Glimène enfin c'était le tour.

Son talent n'était pas de conter des sornettes , De faire des romans ou l'histoire du jour , De ramasser des faits perdus dans les gazettes. Elle était un peu sèche , aimait la vérité , La cherchait, la disait avec simplicité , Se souciant fort peu qu'elle fût embellie ; Elle eût fait un bon tome à l'Encyclopédie.

Climène à ses deux sœurs adressa ce discoure ? Vous m'avez de nos Dieux raconté les amours,

Les aventures, les mystères; Si nous n'en croyons tien, que nous sertdtai parler? Un mot devrait suffire : on a trompé nos pères,

Il ne faut pas leur ressemeler».

Les Béotiens nos confrères Chantent au cabaret l'histoire de nos Dieu* ;' Le vulgaire se fait un grand plaisir 4e croire

Tous ces contes ûstidietfx Dont on a dans l'enfance enrichi sa mémoire.

Pour moi , dût le curé me gronder *prè* faire ,

Page 1