‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 34 sur 175 · SUK L'USAGE IV£ LK VIJ · texte numérisé non relu

SUK L'USAGE IV£ LK VIJ

Sachez que pour les goAter,

Il faut savoir les quitter,

Les quitter pour les reprendre.

Passez du fracas des cours ,

A la douce solitude :

Quittez les jeux pour l'4tu4e ; *~>

Changez tout hors, vas amours.

D une recherche importun* ,

Que vos cœurs embarrassas

Ne volent point qmpressés

Vers les biens, que la fbrtitne

Trop loin de vqus a places :

Laissez la fleur étrangère

Embellir d'autres climats ;

Cueillez d'une main légère

Celle qui naît sous vos paj.

Tout rang , tout sexe , tout 4ge

Reconnaît la même loi.;

Chaque mortel en partage

A son bonheur ppès de soi.

L'inépuisable nature

Prend soin de la nourriture

Des tigres et des lions , »

Sans que sa main abandonne

Le moucheron qui bourdonne

Sur les feuilles des buissons;

Et tandis que l'aigle altâère , •

S'applaudijudésa carrière

Dans le vaste cha^mp des air* j

La tranquille PhilQJpfc^e .

A sa compagne fidèle

Module ses doux concerts.

u6 «UR. l'usaôe de là vie.

Jouissez donc de la vie, Soit que dans, l'adversité Elle paraisse avilie y Soit que sa prospérité Irrite l'œil de l'envie.

Tout est égal , croyee-rinoi ; On voit souvent plus d'un roi Que la tristesse environne ; Les brillants de la couronne Ne sauvent point de l'ennui :

Ses valets de pied , ses pages , Jeunes, indiscrets, volages, Sont plus fortunés que lui.

La princesse et la bergère Soupirent également ; Et si leur âme diffère, C'est en un point seulement.

Philis a plus de tendresse, Philis aime constamment, Et bien mieux que son altesse. ••• Ah ! madame la princesse , Gomme je sacrifierais * Tous vos augustes attraits Aux larmes de ma maîtresse!

Un destin trop rigoureux A mes transports amoureux Ravit cet objet aimable ; Mais dans l'ennui qui m'accable j Si mes amis sont heureux, Je serai moins misérable.

LE

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