ET L» LION
Par M. de Saint-Didier, secrétaire perpétuel de l'académie
de Marseille.
Dans les sacrés cahiers /méconnus des profanes,
Nous avons tu parler les serpents et les ânes.
Un serpent fît l'amour à la femme d'Adam ; *
Un^ne avec esprit gourmanda Balaam. »
Le grand parleur Homère , en vérités fertile ,
Fit parjer et pleurer les deux chevaux d'Achille. 3
Les habitants des airs, des forêts et des champs ,
Aux humains chez Ésope enseignent le bon sens.
Descartes n'en eut point quand il les crut machines. 4
Il raisonna beaucoup sur les œuvres divines ;
Il en jugea fort mal-, et noya sa raison
Dans ses trois éléments , au coin d'uu tourbillon. *
Le pauvre homme ignora , dans sa physique obscure ,
Et l'homme et l'animal , et toute la nature.
Ce romancier hardi dupa long-temps les sots.
Laissons là sa folie , et suivons nos propos.
Un jour un Mar se illois, trafiquant en Afrique , Aborda le rivage où fut jadis Utique.
Comme il'se promenait dans le fond d'un vallon , Il trouva nez à nez un énorme lion , A la longue crinière , à la gueule enflammée ? Terrible, et tout semblable au lion de Némée.