‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 44 sur 175 · ET L» LION · texte numérisé non relu

ET L» LION

Par M. de Saint-Didier, secrétaire perpétuel de l'académie

de Marseille.

Dans les sacrés cahiers /méconnus des profanes,

Nous avons tu parler les serpents et les ânes.

Un serpent fît l'amour à la femme d'Adam ; *

Un^ne avec esprit gourmanda Balaam. »

Le grand parleur Homère , en vérités fertile ,

Fit parjer et pleurer les deux chevaux d'Achille. 3

Les habitants des airs, des forêts et des champs ,

Aux humains chez Ésope enseignent le bon sens.

Descartes n'en eut point quand il les crut machines. 4

Il raisonna beaucoup sur les œuvres divines ;

Il en jugea fort mal-, et noya sa raison

Dans ses trois éléments , au coin d'uu tourbillon. *

Le pauvre homme ignora , dans sa physique obscure ,

Et l'homme et l'animal , et toute la nature.

Ce romancier hardi dupa long-temps les sots.

Laissons là sa folie , et suivons nos propos.

Un jour un Mar se illois, trafiquant en Afrique , Aborda le rivage où fut jadis Utique.

Comme il'se promenait dans le fond d'un vallon , Il trouva nez à nez un énorme lion , A la longue crinière , à la gueule enflammée ? Terrible, et tout semblable au lion de Némée.

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