Q02 LES SYSTÈMES
Et les mers des Chinois sont encore étonnées D'avoir par leurs courants formé les Pyrénées. Chacun fit son système , et leurs doctes leçons Semblaient partir tout droit des Petites-Maisons.
Dieu ne se fâcha point ; c'est le meilleur des pères : Et , sans nous engourdir par des lois trop austères , . Il veut que ses enfants , ces petits libertins, S'amusent en jouant de Pauvre de ses mains.
I] renvoya le prix à la prochaine année :
Mais il vous fit partir ,. àès la même journée , Son ange Gabriel, ambassadeur de paix, Tout pétri d'indulgence , et porteur de bienfait».
Le ministre emplumé vola dans vingt provinces f Il Visita des saints, des papes et des princes, De braves cardinaux et des inquisiteurs, Dans le siècle passé dévots persécuteurs.
<( Messeigneurs , leur dit-il , le bon Dieu vous ordonne « De vous bien divertir, sans molester personne. « Il a su qu'en ce monde on voit certains savants « Qui sont , ainsi que vous , de fieffés ignorants : « Us iront ni volonté ni puissance d« nuire : « Pour penser de travers , hélas ! faut-il les cuire ? « Uu livre , croyez-moi , n'est pas fort dangereux ,. « Et votre signature est plus funeste qu'eux. <c En Sorbonne , aux charniers, l6 tout se mêle d'écrire « Imitez le bon Dieu , qui n'en a fait que rire. »
1 Le bon Thomas d'Àquin , etc.
Nous n'avons de saint Thomas d'Aquin que dix-sept §ros volumes bien avérés , mais nous en avons vingt et un d'Albert ; aussi celui-ci a été surnommé le Grand.
a Scot Scot est le fameux rival de Thomas. (Test lui qu'on a
cru mal à propos l'instituteur du dogme de X immaculée conception ; mais il fut le plus iatsépide défenseur de YUnivepsct de ta pari de la chose.
3 Bonaventvre Nous avons de saint Bonaventure le Miroir
de l'âme, l'Itinéraire de l'esprit à Dieu, Ta Diète du salut , le Rossignol de la passion, le Bois de vie, l'Aiguillon de l'amour, les Flammes de l'amour, l'Art d'aimer, les Vingt-cinq mémoires, les Quatre venus car* dinales, les Sept chemins de l'éternité, les Six ailes des chérubins. les Six ailes des séraphins. les cinq fêtes de l'enfant Jésus, etc.
4 Provençal élève d'Epicure , «te
Gassendi , qui «ressuscita pendant quekjae temps* k système d'Epicure. En effet, il ne s'éloigne pas de penser que l'homme a trois âmes ; la végétative qui fait circuler toute» les liqueurs* la sensrtive qui reçoit toutes les impressions, et la raisonnable qui loge dam la poitrine. Mais aussi il avoue l'ignorance éternelle de l'homme sv In premiers principes des choses ; et c'est beaucoup pour un philosophe.
.5 Et ce maître René, etc.
Descartes était le contraire de Gassendi : celui-ci cherchait, et l'autre croyait avoir trouvé. On sait assez que toute la philosophie de Descartes n'est qu'un roman mal tissu qu'on ne se donne plus la peine ni de réfuter ni d'examiner. Quel homme aujourd'hui perd son temps à rechercher comment des dés, tournant sur eux-mêmes dans le plein, ont produit de» soleils, de» planètes, des terres et de* mers ? Les partisans de ces chimères les appelaient les hautes scieaees; ils se moquaient d'Aristote, et ils disaient : Nous amas de la* méthode» On peut comparer le système de Deseartes à celui de Las»; toi» deux étaient fondes sur la synthèse. Descartes vint dans un temps où la - raison humaine était égarée. Lass se mit à philosopher en France, lorsque l'argent du royaume était plus égaré encore. Tous deux élevèrent leur édifice sur
ao4 NOTE*.
des vessies. Les tourbillons de Descartes durèrent une quarantaine d'années; ceux de Lass ne subsistèrent que dix-huit mois. On est plus tôt détrompé en arithmétique qu'en philosophie.
6 L'existence et l'essence.
Ce sont les propres paroles de saint Thomas d'Aquin. D'ailleurs toute la partie métaphysique de sa Somme est fondée sur la métaphysique d'Aristote.
7 Pour être, c'est assez que vous soyez possible.
Voici où est , ce me semble, le défaut de cet argument ingénieux de Descartes. Je conclus l'existence de l'Être nécessaire et éternel, -de ce que j'ai aperçu clairement que quelque chose existe nécessairement et de toute éternité ; saai quoi il y aurait quelque chose qui aurait été produit du néant et sans cause, ce qui est absurde ; donc un être a existé toujours nécessairement et de lui -même. 'J'ai donc conclu son existence de l'impossibilité qu'il ne soit pas, et non de la possibilité qu'il soit : cela est délicat, et devient plus délicat encore quand on ose sonder la nature de cet Être éternel et nécessaire. H faut avouer que tous ces raisonnements abstraits sont assez inutiles, puisque la plupart des têtes ne les comprennent pas. Il serait assurément d'une horrible injustice et d'un énorme ridicule de faire dépendre le bonheur et le malheur éternel du genre humain de quelques arguments que les neuf dixièmes des hommes ne sont pas en état de comprendre. C'est a quoi ne prennent pas garde tant de scolasti^ues orgueilleux et peu sensés qui osent enseigner et menacer. Quand un philosophe serait le maître du monde, encore devrait -il proposer ses opinions modestement; c'est ainsi qu'en usait Marc-Aurèle et même Julien. Quelle différence de ces grands hommes à Garasse, à Nonotte, à l'abbé Guyon, à l'auteur de la Gazette ecclésiastique, à Paulian l'ex-jésuite, et à tant d'autres !
8 J'en ferai tout autant.
Donnez-moi de la matière et du mouvement, et je ferai un monde» Ces paroles de Descartes sont un peu téméraires ; elles n'auraient pas été permises à Platon. Passe qu'Arcnimède ait dit : Donnez-moi un point fixé dans le ciel, et j'enlèverai la terre : il ne s'agissait plus que de trouver le levier. Mais qu'avec de la matière et du mouvement on fasse des organes sentants et des têtes pensantes, sitôt que Dieu y aura mis une àme, oela est Lieu fort. Je doute même que Descartes et le père Mersenne ensemble eussent pu donner & la matière la gravitation vers
on centre. Après tout, Descartes avait de la matière et du mouvement, nous n'jen manquons pas. Que ne travaillait-il ? que ne faisait-il un petit automate de monde ? Avouons que dans toutes ces imaginations on ne voit que des enfants qui se jouent.
9 Ses atomes crochus , etc.
Démocrite, Épicure et Lucrèce, avec leurs atomes déclinants dan» le vide, étaient pour le moins au? si enfants que Descartes avec ses tourbillons tournoyants dans le plein ; et l'on ne peut que déplorer la perle d'un temps précieux employé à étudier sérieusement ces fadaises par des hommes qui auraient pu être utiles.
Où est l'homme de bon sens qui ait jamais conçu clairement que des atomes se soient assemblés pour aller en ligne droite, et pour se détourner ensuite à gauche , moyennant quoi ils ont produit des astres , des animaux, des pensées ? Pourquoi de tant de fàbricateurs de mondes, ne s'en est-il pas trouvé un seul qui soit parti d'un principe vrai , et reçu de tous les hommes raisonnables ? Ils ont adopté des chimères, et ont voulu les expliquer ; mais Quelle explication ! Ils ressemblaient parfaitement aux commentateurs des anciens historiens. La tour de Babel avait vingt mille pieds de baut ; donc les maçons avaient des- grues de plus de vingt mille pieds pour élever leurs pierres. Le lit du roiOg était de quinze jpieds. Le serpent, qui eut de longues conversations avec Eve, ne put lui parler qu'en hébreu : car il devait lui parler en sa langue pour être entendu , et non en la langue des serpents ; et Eve devait parler le pur hébreu, puisqu'elle était la mère des Hébreux, et que ce langage n'avait pu encore se corrompre. C'est sur des raisons de cette force que furent appuyés long-temps tous les commentaires et tous les systèmes. Hérodote a dit que le soleil' avait changé deux fois de levant et de couchant; et sur cela on a recherché par quel mouvement ce phénomène s'était opéré. Des savants se sont distillé le cerveau pour comprendre comment le cheval d'Achille avait parlé grec; comment la nuit que Jupiter passa avec Alcmène rat une fois plus longue qu'elle ne devait être, sans que l'ordre de la nature fut dérangé ; comment le soleil avait reculé au souper d'Atree et de Thieste, par quel secret Hercule était resté trois jours et trois nuita enseveli dans le ventre d'une baleine, par quel art au son d'un instrument les murs de Enfin on a compilé et empilé des écrits sans nombre pour trouver la vérité dans les' plus absurdes et les plus insipides fables.
ao6 NOTES.
10 Msùs je pense, entre nous, que vous n'existez pas.
Spinosa , dans son fameux livre, si peu lu, ne parle que de Dieu; et on lui a reproché de ne point connaître de Dieu. C'est qu'il n'a point séparé la Divinité du grand Tout qui existe par elle. C'est le dieu de Straton, c'est le dieu des stoïciens.
Jupiter est quodcumque vides» quocumque moveris.
C'est le dieu d'Aratus , dans le sens d'une philosophie audacieuse.
In Deo vivimus , movemur et sumus.
La marche de Spinosa est plus géométrique que celle de tous les philosophes de l'antiquité, t'est le premier athée qui ait procédé par lemmes et par théorèmes.
Bayle, en prenant la doctrine de Spinosa à la lettre,. en. raisonnant d'après ses paroles, trouve cette doctrine contradictoire et ridicule. En effet , qu'est-ce qu'un Dieu dont tous les êtres seroieut des modifications , qui serait jardinier et plante* médecin et malade , homicide et mourant, destructeur et détruit ?
Bayle parait opposer à Spinosa une dialectique très supérieure. Mais quel est le sort de toutes les disputes ! Jurieu regardait Bayle comme un compilateur d'idées plus dangereuses que celles de Spinosa. Arnaud et ses partisans tombaient sur Jurieu comme sur un fanatique absurde. Les jésuites accusaient Arnaud d'être au fond un ennemi de la religion, et tout Paris voyait dans les jésuites les corrupteurs de la raison et de la morale , et des fabricateurs de lettres de cachet. Pour Spinosa, tout le monde en parlait, et personne ne le lisait.
Voici l'analyse de tous se* principes :
U ne peut exister qu'une substance; car qui est par soi doit être un, et ne peut être limité. La substance doit donc être inftnie.
U est impossible qu'une substance en produise une autre sans qu'il y ait quelque chose de commun entre elles. Or ce quelque chose de commun ne peut exister avant la substance produite ; donc la créatm est impossible.
Une substance ne peut en faire une autre, pmsqu'étant infinie par ?a nature, un infini ne peut en créer un autre.'
11 n'y a donc qu'un infini ; donc tout est mode.
L'intelligence et la matière existent; donc l'intelligence et la matière entrent dans la nature de cet infini.
La substance étant infinie doit aveir une infinité d'attributs ; donc l'infinité d'attributs est Dieu ; donc Dieu est tout.
Ce système a été assez réfuté* par roumain Fénélon /par le subtil Lami, et surtout de nos jours t par M. l'abbé die Condillac, par M. l'abbé Pluquet.
Si d'illustres adTeraaiies peuvent servir en quelque sorte à la,gloire d'un auteur , on voit que jamais homme n'a été aomoré d'ennemis plus respectables. Il a été attaqué par deux cardinaux des çlus savants et des plus ingénieux qu'ait eue: la France, tous deux ckéris à la cour, (pus deux ministres et ambassadeurs à Rome. Le premier lui fait la guerre en beaux vers latins dans son Anti-Lucrèce ; le second en beaux vers, français dans une épîftre instructive et agréable:
Yoici quelques-uns des vers latins 3
Do g mata complexus, pàrtim vesana Stratonis Restitua commenta , suisque erroribus a'uxit Omnigeni Spinosa Dei fabricalor , et orbem Appettare Deum , ne qui* Deus imperet orbi, Tanquam esset Domus ipsa domum qui condidit , ausus. Sic rediviva novo se se manimine cinxit Impie tas , tumidumque attâ caput extutit arce. Se ill cet ex toto rerum gtbmeramtne ntunen Construxit , cui sint pro corpore corpora cuncta, Ei cunctat mentes pro mente, simuique ptrenni Pro vità atque cevo, fuga {emporis ipsa çaduci> Et qui sœclorum jugis devçlvitur or do.
Pana putes,
Yoici quelques-uns des vers français :
Gesse de méditer dans ce sauvage lieu :
Homme, plante, animaux, esprit, corps, tout est Dieu.
Spinosa le premier connut mon existence :
Je suis l'être complet et Tunique stnSstance ;
La matière et l'esprit en sont les attrrouts :
Si je n'embrassais tout, je n'existerais plus.
Principe universel, je comprends tous les êtres,
Je suis le souverain de tous les autres maîtres;
Les membre» différents de ce vaste- univers 19e composent qu'un tout dont les modes divers , Dans les airs, dans les cieax , sur la terre et sur l'onde, Embellissent entre eux le théâtre du monde. •
Le livre du Système de la nature, qu'on nous a donné depuis peu,est d'un genre tout différent; c'est une Philippique contre Dieu. L'auteur prétend que la matière existe seule, et qu'elle produit seule la sensation et la pensée. Pour avancer une idée aussi étrange , il faudrait au moins tâcher de l'appuyer sur quelque principe, et c'est ce que l'auteur ne Eut pas. Il a pris cette opinion chez Hobbes , mais Hobbetf se borne à la supposer , il ne l'affirme pas : il ait que des philosophes savants ont prétendu que tous les corps ont du sentiment. Qui corpora omnia sensu esse prœdita sustinuerunl.
Depuis Brama', Zoroastre et Thaut, jusqu'à nous, chaque philosophe a fait son système ; et il n'y en a pas deux qui soient de même avis. C'est un chaos d'idées, -dans lequel personne ne s'est entendu. Le petit nombre des sages est toujours, parvenu a détruire les châteaux enchantés , mais jamais à pouvoir en bâtir un logeable. On voit par sa raison ce qui n'est pas ; on ne voit point ce qui est. Dans ce conflit éternel de témérités et d'ignorances , le monde est toujours allé comme il va ; les pauvres ont travaillé, les riches ont joui ; les puissants ont gouverné, les philosophes ont argumenté, tandis que des ignorants se partageaient la terre.
1 1 Qu'il faut parler au Verbe, et qu'il nous répondra.
Par quelle fatalité le système <de Mallebranche paraît- il retomber dans celui de Spinosa, comme deux vagues qui semblent se combattre dans une tempête , et le moment d'après s'unissent l'une dans l'autre ?
Dieu , dit Mallebranche, est le lieu fies esprits , de même que l'espace est le lieu des corps. Notre dme ne peut se donner d 1 idées. . . . nos idées sont efficaces , puisqu'elles agissent sur notre esprit. Or rien ne peut agir sur notre esprit que Dieu. . . . Donc il ,est nécessaire que nos idés se trouvent dans la substance efficace de la Divinité. Livre III , de l'Esprit pur , partie IL
Voilà les propres parolePde Mallebranche. Or, si nous ne pouvons avoir de perceptions que dans Dieu , nous ne pouvons donc avoir de sentiment que dans lui , ni faire aucune action que dans lui ; cela me paraît évident On peut donc en inférer que nous ne sommes, que des
NOTES. QOg
modifications de lui-même. Il n'y a donc dans l'univers qu'une seule substance. Voilà le spinosisme, lestratoni&metout pur. ÈtMallebranche pousse les illusions qu'il se fait à lui-même jusqu'à vouloir autorise? son système par des passages de saint Paul et de saint Augustin.
Je ne dis pas que ce savant prêtre de l'oratoire fut spinosiste , à Dieu ne plaise ; je dis qu'il servait d'un J>lat dont un spinosiste aurait mangé très volontiers. On sait que depuis il s'entretint familièrement avec le Verbe. Eh ! pourquoi avec le Verbe plutôt qu'avec le Saist- Esprit ? Mais comme il n'y avait personne en tiers dans la conversation, nous ne rendrons point compte de ce qui s'est dit; nous nous contentons de plaindre l'esprit humain, de gémir sur nous-mêmes, et d'exhorter nos pauvres confrères les hommes à l'indulgence.
13 Exprès pour nous damner ^ etc.
Il faut avouer que ce système, qui suppose que l'Être tout-puissant et tout bon a crée exprès des millions de milliars d'êtres raisonnables et sensibles, pour en favoriser quelques douzaines^ et pour tourmenter, tous les autres à tout jamais, paraîtra toujours un peu brutal a quiconque a des mœurs douces.
1 * Que sans son harmonie j etc. . . .
Notre âme étant simple ( car on suppose que son existence et sa simplicité sont prouvées ) , elle peut résider dans l'étoile du Nord ou do petit chien , et notre corps végéter sur ce globe. L'âme a des idées là-haut, et notre corps fait ici les fonctions correspondantes à ces idées, à peu près comme un homme prêche, tandis qu'un autre fait les gestes ; ou plutôt l'âme est l'horloge , et le corps sonne ici les heures. U y a des gens qui ont étudié cela sérieusement ; et l'inventeur de ce système est celui- qui a disputé contre Newton, et qui peut même avoir eu raison sur quelques points.
Quant aux monades , tout être physique étant composé doit être un résultat d'êtres simples'; car dire qu'il est fait d'êtres composés, c'est ne rien dire. Des monades sans parties et sans étendue font donc l'étendue et les parties; elles n'ont ni lieu, ni figure, ni mouvement, quoiqu'elles constituent des corps qui ont figure et mouvement dans un lieu."
Chaque monade doit être différente d'une autre , sans quoi ce serait un double emploi
Chaque monade doit avoir du rapport avec toutes les autres , parce
Conte», Satires, etc. l4
qu'il y a entre le» corps dont ces monades font l'assemblage une union nécessaire. Ces rapports entre ces monades simples, inétendues , ne peuvent être que des idées , des perceptions. U n'y a pas de raison pour laquelle une monade , ayant des rapports avec une de ses compagnes, n'en ait pas avec toutes. Chaque monade voit donc toutes les autres , et par conséquent est un miroir concentrique de l'univers. U y a un pays où cela s'est enseigné dans des écoles à des gens qui avaient de 1a barbe au menton.
1 4 Dans ses turtupinades.
On a fait assez connaître l'idée d'aller disséquer des cervelle» de Patagons, pour voir la nature de l'âme; d'examiner les songes, pour savoir comment on pense dans la veille ; d'enduire les malades de poix résine, pour empêcher l'air de nuire; de creuser un trou jusqu'au centre de la teire, pour voir -le feu central. Et ce qu'il y a de déplorable, c'est que ces folies ont causé des querelks et des infortunes.
1 5 Notre consul Maillet , etc.
On connaît aussi le. système vraisemblable par lequel la mer a formé les montagnes , et la terre est de verre ; mais celui-là n'a encore rien de funeste. Certes ceux qui ont inventé la charrue , la navette et les poulies étaient des dieux bienfaisants , en comparaison de tous ces rêveurs : et il est vrai qu'un opéra comique vaut mieux que les systèmes de Cudworth, de Wiston, de Barnet et de Wodward. Car ces systèmes n'ont appris aucune vérité, et n'ont fait aucun plaisir: mais l'opéra des Gueux et le Déserteur ont fait passer très agréablement le temps à plus de cent mule hommes.
16 Aux charniers y tout se mêle d'écrire.
Charniers des SS. Innocents, belle place de Paris, près du palais royal, et non loin du Louvre. C est-là qu'on enterre tous les gueux, au lieu de les porter hors de la ville , comme on fait partout ailleurs. On y voit plusieurs écrivains qui font les placets au roi, les lettres des cuisinières à leurs amants , et les critiques des pièces nouvelles. On y a travaillé long-temps à l'Année littéraire. U y a le style à cinq sous, et le style à dix sous.
Qu'on écrive les imaginations de M. Oufle, les mémoires d'un homme de qualité, les soliloques d'une âme dévote.; que Ton condamne les idées innées , et que l'on condamne ensuite ceux qui les rejettent ;