‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 63 sur 175 · LES CABALES. 21 J · texte numérisé non relu

LES CABALES. 21 J

J'ai désiré cent fois , dans ma verte jeunesse , De voir notre saint-père , au sortir de la messe 7 Avec le grand lama dansant un cotillon ; Bossuet le funèbre embrassant Fénélon ; ■Et , le verre à la main , Le Tellier et Noailles Chantant chez Maintenon des couplets dans Versailles • Je préférais Chaulieu, coulant en paix ses jours Entre le dieu des vers et celui des amours, À tous ces froids savants dont les vieilles querelles •Traînaient si pesamment les dégoûts après elles.

Des charmes* de la paix mon cœur était frappé; J'espérais en jouir ; je me suis bien trompé. On cabale à la cour , à l'armée , au parterre ; Dans Londres , dans Paris les esprits sont en guerre : Us y seront toujours. La Discorde autrefois, Ayant brouillé les Dieux , descendit chez les rois, Puis dans l'Église sainte établit son empire ,' Et l'étendit bientôt surtout ce qui respire.

Chacun vantait la paix , que partout on chassa. On dit que seulement par grâce on lui laissa l

Deux asiles fort doux , c'est le lit et la table. \

Puisse- t-elle y fixer yi règne un peu durable ! L'un d'eux me plaît encore. Allons , amis , buvons ; Cabalons pour Cloris, et faisons des chansons.

PAR M. DE MORZA.

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