‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 73 sur 175 · A MADAME DELA VRILLIÈRE · texte numérisé non relu

A MADAME DELA VRILLIÈRE

Quelle beauté , dans cette nuit profonde, Vient éclairer nos rivages heureux !

Serait-ce point la nymphe de cette onde, Qu'amène ici le satyre amoureux ?

Je vois s'enfuir la jalouse dryade, Je vois venir le faune dangereux.

a56 POÉSIES MÊLÉES.

Non, ce n'est point une simple naïade :

À tant d'attraits dont nos cœurs sont frappés ,

À tant de grâce , à cet art de nous plaire ,

A ces amours autour d'elle attroupés ,

Je reconnais Vénus ou La Vrillière.

O Déité ! qui que ce soit des deux ,

Vous qui venez prendre un rhume en ces l\eux ,

Heureux cent fois , heureux l'aimable asile

Qui vers minuit possède vos appas !

Et plus heureux les rimeurs qu'on exile

Dans ces jardins honorés par vos pas.

A MADAME DE LIStENAl.

Aimable Listenai, notre fête grotesque

Ne doit point déplaire à vos yeux :

Les Amours en chiants-lit déguisés dans ces lieux , Sont toujours les Amours ; et l'habit romanesque Dont ils sont revêtus ne les a pas changés :

Vous les voyez encore autour de vous rangés.

Ces guenillons brillants, ces masques, ce mystère, Ces méchants violons dont ou vous étourdit,

Ce bal et ce sabbat maudit , Tout cela dit pourtant que l'on voudrait vous plaire.

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