‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 72 sur 175 · LE TEMPS PRÉSENT · texte numérisé non relu

LE TEMPS PRÉSENT

On connaît Ariston , ce philosophe humain , Dédaignant les grandeurs qui lui tendaient la main , De la vérité simple ami noble et fidèle ; Son esprit réunit Euclide et Fontenelle.

Il rendit le courage à mon cœur affligé.

Me vois-tu pas , dit-il , que le siècle est changé ? Va , de vaines terreurs ne doivent point t'abattre. Quand un Sulli renaît , espère un Henri quatre. Ce propos ranima mes esprits languissants ; La gaîté renoua le fil de mes vieux ans ; Et revenant chez moi , je repris mes tablettes, Pour écrire à loisir ces rimes indiscrètes.

1 Le roi Louis XVI venait d'abolir les corvées, et de défendre qu'on poursuivît arbitrairement les débiteurs du fisc Ces deux opérations si simples n'ont rien coûté à la couronne, et auraient été le salut du peuple

(i ) Il faut être juste : les prêtres n'eurent aucune part aux intrigues, aux calomnies qui privèrent la France du ministre le plus édaiig et le plus vertueux qui ait jamais gouverné un grand empire.

2 M. le marquis de Condorcet

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A MADEMOISELLE DU NQYER.

Enfin je vous ai vu, charmant objet que j'aime, En cavalier déguisé dans ce jour :

J'ai cru voir* Vénus elle-même

Sous la figure de l'Amour.

L'Amour et vous , vous êtes de même âge ,

Et sa mère a moins de beauté ;

Mais malgré ce double avantage , J'ai reconnu bientôt la vérité :

Du Noyer, vous êtes trop sage

Pour être une divinité.

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