‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 88 sur 175 · LES DEUX AMOURS · texte numérisé non relu

LES DEUX AMOURS

A madame la marquise du Châtelet.

Certain enfant qu'avec crainte on caresse, Et qu'on connaît à son malin souris, Court eu tous lieux précédé par les ris , Mais trop souvent suivi de la tristesse ; Dans les coeurs des humains il entre avec souplesse, Habite avec fierté , s'envole avec mépris.

Il est un autre Amour , fils craintif de l'estime , Soumis dans ses chagrins, constant dans ses désirs, Que la vertu soutient , que la candeur anime , Qui résiste aux rigueurs et croît par les plaisirs. De cet Amour le flambeau peut paraître Moins éclatant; mais ses feux sont plus doux : Voilà le Dieu que mon cœur veut pour maître, Et je ne veux le servir que pour vous.

JPOÉSIES MÊLÉES. ^ 37I

A LA MÊME

Lorsque Linus chante si tendrement,

Crois-tu que l'Amour seul l'auime ?

Non, il sait l'art d'exprimer dans son chant

Plus d'amour que son cœur n'eu sent;

Et j'en sens plus qu'il n'en exprime.

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