A M. LOUIS RACINE
Cher Racine, j'ai lu, dans tes vers didactiques (*) De ton Jansénius les leçons fanatiques :
Quelquefois je t'admire , et ne te crois en rien. Si ton style me plaît, ton Dieu n'est pas le mien. Tu m'en fais un tyran , je veux qu'il soit un père ; Ton hommage est forcé , mon culte est volontaire.
(*) Le poëme de la Grâce.
Mieux que toi de son sang je reconnais le prix ; Tu le sers en esclave, et je l'adore en fils. Crois-moi , n'affecte plus une inutile audace : Il faut comprendre Dieu pour comprendre sa grâce. Soumettons nos esprits , préscntonS-lui nos cœurs ; Et soyons des chrétiens et non pas des docteurs.