‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 93 sur 175 · LA MARQUISE DU CHATELET · texte numérisé non relu

LA MARQUISE DU CHATELET

Tout est égal, et la nature sage

Veut au niveau ranger tous les humains :

Esprit , raison , bea.ux yeux , charmant visage /

Fleur de santé, doux loisir , jours sereins;

Vous avez tout, c'est-là Votre partage.

Moi 9 je parais un être infortuné ,

De la nature enfant abandonné ,

Et n'avoir rien , semble mon apanage ;

Mais vous m'aimez, les Dieux m'ont tout donné.

Vers de M. de Formont à M. de Voltaire.

Assis devant votre pupitre , Avec votre plume j'écris.

Cela semble d'abord un titre Pour façonner des vers polis ; Aussi je voulais vous en faire ; Mais Apollon «ra reconnu : J'eus beau vouloir vous contrefaire , De lui je n'ai rien obtenu.

(8) M. de Voltaire, ayaat joint à l'envoi 4ç ce madrigal Tépigramme sur J. B. Rousseau : Certain émérite envieux, etc. mandait à madame du Châtelet : « Voici des fleurs et des épines quege vous envoie. Je « suis comme saint Pacôme qui, récitant ses matines sur sa chaise périt cée , disait au diable : Mon ami , ce qui va en haut est pour Dieu , ce « qui tombe en bas est pour toi. Le diable c'est Rousseau, et pour « Dieu , vous savez bien que c'eet v«os. »

Je vois trop que c'est temps perdu, Et qu'il ne répond qu'à "Voltaire.

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