‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 95 sur 175 · COUPLETS · texte numérisé non relu

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Chantés par Polichinelle dans une fête a Sceaux.

Polichinelle de grand cœur,

Prince (*) , vous remercie :

En me faisant beaucoup d'honneur,

Vous faites mon envie.

Vous possédez tous les talents,

Je n'ai qu'un caractère.

J'amuse pour quelques moments ,

.Vous savez toujours plaire.

On sait que vous faites mouvoir

De plus belles machines :

Vous fîtes sentir leur pouvoir

A Bruxelle, à Malines.

Les Anglais se virent traiter .: En vrais polichinelles ; Et vous avez de quoi domter

Les remparts et les belles.

A M. DE LA EAYE. (9)

Pardon , beaux vers, la Faye et Polymnie :

Las ! je deviens prosateur ennuyeux.

(*) M. le comte de Clennont.

(9) Ces vers paraissent avoir été faits n l'occasion de la belle ode 4* M. de la Faye en faveur de la poésie , contre le sentiment de la Motte- Houdart , que M. de Voltaire n'avait combattu qu'en prose dans le* lettres qui se trouvent à la suite de la tragédie d'OEdipe.

Non , ce n'était qu'en langage des Dieux Qu'il eût fallu parler de l'harmonie.

Donnez-le-moi cet aimable génie , Cet art charmant de savoir enfermer Un sens précis dans des rimes heureuses, Joindre aux raisons , des grâces lumineuses^ En instruisant, savoir se faire aimer; . À la dispute, autrefois si caustique, Oter son air pédante sque et jaloux; Être à la fois juste, sincère et doux , Ami , rival , et poëte et critique :

A ce grand art vainement je m'applique , Heureux la Faye, il n'est donné qu'à vous.

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