COUPLETS
Chantés par Polichinelle dans une fête a Sceaux.
Polichinelle de grand cœur,
Prince (*) , vous remercie :
En me faisant beaucoup d'honneur,
Vous faites mon envie.
Vous possédez tous les talents,
Je n'ai qu'un caractère.
J'amuse pour quelques moments ,
.Vous savez toujours plaire.
On sait que vous faites mouvoir
De plus belles machines :
Vous fîtes sentir leur pouvoir
A Bruxelle, à Malines.
Les Anglais se virent traiter .: En vrais polichinelles ; Et vous avez de quoi domter
Les remparts et les belles.
A M. DE LA EAYE. (9)
Pardon , beaux vers, la Faye et Polymnie :
Las ! je deviens prosateur ennuyeux.
(*) M. le comte de Clennont.
(9) Ces vers paraissent avoir été faits n l'occasion de la belle ode 4* M. de la Faye en faveur de la poésie , contre le sentiment de la Motte- Houdart , que M. de Voltaire n'avait combattu qu'en prose dans le* lettres qui se trouvent à la suite de la tragédie d'OEdipe.
Non , ce n'était qu'en langage des Dieux Qu'il eût fallu parler de l'harmonie.
Donnez-le-moi cet aimable génie , Cet art charmant de savoir enfermer Un sens précis dans des rimes heureuses, Joindre aux raisons , des grâces lumineuses^ En instruisant, savoir se faire aimer; . À la dispute, autrefois si caustique, Oter son air pédante sque et jaloux; Être à la fois juste, sincère et doux , Ami , rival , et poëte et critique :
A ce grand art vainement je m'applique , Heureux la Faye, il n'est donné qu'à vous.