COUTES EN VERS
Il exécutait ses promesses ,
Et je tremblais pour A gathou.
Mais mon Grec d’une main guerriere Le saisissant par la crinière ,
Et tirant sou esjtramaçon , .
Lui lit voir qu’il était garçon ,
Et parla de cette maniéré: '
Sortons fous trois de la maison :
Et qu’on me fasse ouvrir la porte ; Faites bien signe à votre escorte De ne suivre en nulle façon :
Marchons tous les trois au rivage , Embarquons-nous sur un esquif; •l’aurai sur vous l’oeil attentif:
Point de geste i point de langage;
Au premier signe un peu douteux , Au clignement d’une paupière . >’
A l’instant je vous coupe en deux', Et vous jette dans la riviere.
Le satrape était uu seigneur.
Assez sujet à la frayeur ; î
Il eut beaucoup d’obéissance; Lorsqu’on a peur on est fort donx.
Sur la nacelle en diligence Nous l’embarquâmes avec nous. »
Sitôt que nous fûmes en Gi’CCe,
Son vainqueur le mit à rançon ;
Elle fut en sonnante espece *
Elle était forte ; il m’en fit don ,
Ce fut ma dot et mon douaire.
Avouez qu’il a su plus faire •• ' Que le bel esprit Ligdamofn ,
Et q'ue fort à me plaindre
S’il n’avt.^ aoijj^é qu’à me peindre Et qu’à me faire «ne chanson.
Les Grecs furent charmés de la voix douce et vive , Du naturel aisé, de la galle naïve Dont la jeune Téone anima son récit.
La grâce en s’exprimant vaut mieux que ce qu’on dit.
On applaudit , ou rit : les Grecs aimaient à rire. Pourvu qu’on soit content, qu’importe qu’on admire ?
Apamis s’avança les larmes dans les yeux ; ■
Ses pleurs étaient un charme , et la rendaient plus belle. Les Grecs prirent alors un air plus sérieux ,
Et dès qu’elle parla les cœurs furent pour elle. Apamis raconta ses malheureux amours En métrés qui n’étaient ni trop longs ni trop courts ; Dix syllabes par vers mollement arrangées Se suivaient avec art , et semblaient négligées ;
Le rhythme en est facile, il est mélodieux :
L’hexametre est plus beau, mais parfois ennuyeux.