‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 18 sur 142 · L’ORIGINE DES METIERS · texte numérisé non relu

L’ORIGINE DES METIERS

"Vit leurs plaisirs , eut la meme espérance ; lîlle ne put faire de résistance Au dieu des vers, des beaux arts , et du jour. Mercure était le dieu de l’éloquence :

Il sut parler ; il eut aussi son tour. *

Vulcain sortant de sa forge embrasée Déplut d’abord, et fut très maltraité;

Mais il obtint , par importunité , •

Cette conquête aux autres dieux aisée.

Ainsi Pandore occupa ses beaux ans,

Puis s’ennuya sans en savoir la cause.

Quand une femme aima dans son printemps , Elle ne peut jamais faire autre chose ;

Mais pour les dieuxt, ils n’aiment pas long-temps. Elle avait eu pour eux des complaisances ,

Ils la quittaient; elle vit dans les champs Un gros satyre , et lui fit les avances.

Nous sommes nés de tous ces passe-temps ; C’est des humains l’origine première :

Voilà pourquoi nos esprits , nos talents ,

Nos passions, nos emplois, tout différé.

L’un eut Vulcain, l’autre eut Mars pour son pere, L’autre un satyre ; et bien peu d’entre nous Sont descendus du dieu de la lumière.

De nos parents nous tenons tous nos goûts :

Mais le métier de la belle Pandore ,

Quoique peu rare , est encor le plus doux ,

Et c’est celui que tout Paris honore.

cottes eit vers, etc. ■ S

LA BEGUEULE*

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