L’ORIGINE DES METIERS
"Vit leurs plaisirs , eut la meme espérance ; lîlle ne put faire de résistance Au dieu des vers, des beaux arts , et du jour. Mercure était le dieu de l’éloquence :
Il sut parler ; il eut aussi son tour. *
Vulcain sortant de sa forge embrasée Déplut d’abord, et fut très maltraité;
Mais il obtint , par importunité , •
Cette conquête aux autres dieux aisée.
Ainsi Pandore occupa ses beaux ans,
Puis s’ennuya sans en savoir la cause.
Quand une femme aima dans son printemps , Elle ne peut jamais faire autre chose ;
Mais pour les dieuxt, ils n’aiment pas long-temps. Elle avait eu pour eux des complaisances ,
Ils la quittaient; elle vit dans les champs Un gros satyre , et lui fit les avances.
Nous sommes nés de tous ces passe-temps ; C’est des humains l’origine première :
Voilà pourquoi nos esprits , nos talents ,
Nos passions, nos emplois, tout différé.
L’un eut Vulcain, l’autre eut Mars pour son pere, L’autre un satyre ; et bien peu d’entre nous Sont descendus du dieu de la lumière.
De nos parents nous tenons tous nos goûts :
Mais le métier de la belle Pandore ,
Quoique peu rare , est encor le plus doux ,
Et c’est celui que tout Paris honore.
cottes eit vers, etc. ■ S
LA BEGUEULE*