LE RUSSE A PARIS
Non , je ne le tiens pas assuré de sa vie.
Les Berlhiers , les Ghaumeix , et j usqnes aux Frérons, Déjà de l’imposture embouchent les clairbns ; L’hypocrite sourit . l’énergumene aboie ;
Les chiens de Saint-Médard s’élancent sur ietir proie ; Un petit magistrat à peine émancipé,
Un pédant sans honneur à bicètre échappé ,
S’il a du bel esprit la jalouse manie.
Intrigue , parle , écrit , dénonce , calomnie ,
F.n crimes odieux travestit les vertus ;
Tous les traits sont lancés, tons les rets sont tendus. On cabale à la cour ; on amente , on excite Ces petits protecteurs sans place et sans mérite. Ennemis des talents , des arts , des gens de bien ,
Qui se sont faits dévots de peur de n’être rien. N’osant parler au roi, qui hait la médisance, ,
Et craignant de ses yeux la sage vigilance ,
Ces oiseaux de la nuit ^rassemblés dans leurs trous. Exhalent les poisons de leur orgueil jaloux : Poursuivons , disent-ils , tout citoyen qui pense.
Un génie ! il aurait cet excès d’insolence U n’a pas demandé notre protection !
Sans doute il est sans moeurs et sans religion ;
Il dit que dans les cœurs Dieu s’est gravé lui-même. Qu’il n’est point implacable , et qu’il suffit qu’on l'aime.
Dans le fond de son atne il se rit des Fantins,
De Marie Alacoque , et de la Fleur des saints.
Aux erreurs indulgent , et sensible aux miseres ,
U a dit, on le sait, que les humains sont freres ;
Et dans un doute affreux lâchement obstiné ,
Il n’osa convenir que Newton fût damné.
Le brûler est une œuvre et sage et méritoire.
Ainsi parle à loisir ce digne consistoire.
Des vieilles , à ces mots , aù ciel levant les yeux , Demandent des fagots pour cet homme odieux ;
)o 3 SATIRES.
Et des petits pochés commis dans leur jeune âge Elles font pénitence en opprimant un sage.