‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 4 sur 142 · LE COCUAGE · texte numérisé non relu

LE COCUAGE

Jadis J npin , de sa femme jaloux ,

Par cas plaisant fait pere de famille,

De son cerveau fit sortir une fille.

Et dit : Du moins celle-ci vient de nous.

Le Jion Vulcain . que la cour éthérée Fit pour ses maux époux de Cythérée , Voulait avoir aussi quelque poupon Dont il fût sûr, et dont seul il fût pere.

? Car de penser que le beau Cupklon .

Que les Amours , ornements de Cytliere ,

Qui qnoiqu’enfants enseignent l’art de plaire , Fussent les fils d’un simple forgeron ,

Pas ne croyait avoir fait telle affaire.

De son vacarme il remplit la maison ;

Soins et soucis son esprit tenailleront :

Soupçons jaloux son cerveaij martelèrent;

A sa moitié vingt fois il reprocha Son trop d'appas., dangereux avantage.

Le pauvre dieu fit tant qu’il accoucha Par le cerveau ; de quoi ? de cocuage.

‘ C’est là ce dieu révéré dans Paris ,

Dieu mal-faisant, le fléau des maris.

Dès qu’il fut né , sur lexlief de son pere Il essaya sa naissante colpre ;

Sa main novice imprima sur son front Les premiers traits d’un éternel affront : T

A peine encore eut-il plume nouvelle Qu’au bon Hymen il fit guerre immortelle ; Vous l’eussiez vu l’obsédant en tous lieux.

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