‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 65 sur 142 · A MA.DA.ME LA MARQUISE DE B · texte numérisé non relu

A MA.DA.ME LA MARQUISE DE B

Ox ne peut faire ton portrait ;

Folâtre et sérieuse , agacaute , et sévère ,

1 Prudente avec l’air indiscret.

Vertueuse , coquette, à toi-mème contraire:.

La ressemblance échappe en rendant chaque trait: Si l’on te peint constante, on t’appercoit légère;

Ce n’est jamais toi qu’on a fait.

POèSIES MELÉES. \<jS

Eidele an sentiment avec des goûts volages ,

Tous les- cœurs à ton char s’enchaihent tour à tour: Tu plais aux libertins , tu captives les sages ,

Tu domtes les plus bers courages ,

Tu fais l’office de l’Amour.

On croit voir cet enfant en te voyant paraître;

Sa jeunesse , ses traits, son art.

Ses plaisirs , ses erreurs , sa malice peut-être : Serais-tu ce dieu, par hasard ?

L I V. Sur ce que l’auteur occupait à Sceanx la chambre de M. de Saint- Aulaire , que madame la duchesse du Maine appelait son berger.

J’ai la chambre de Saint-Aulaire Sans en avoir les agréments ;

Peut-être à quatre-vingt-dix ans J’aurai le cœur de sa bergere:

Il faut tout attendre du temps,

Et sur-tout du désir de plaire.

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