LXXVI. A Madame la marquise D’USSÉ
L ’A rt dit un jour à la Nature ,
Vous n’égalez jamais les œuvres de ma main; Vous agissez sans choix , vous créez sans dessein ;
Que feriez-vous sans ma parure?
Un teint flétri par vous s’embellit par mon fard ; C’est moi qui d’une prude arrange la sagesse;
Des coquettes beautés je conduis la finesse ,
Et mene sons mon étendard Et les beaux esprits, et les belles;
J’ai seul dicté sans vous les vers de Fontenelles , Et les fables du sieur Houdart.
Ainsi , belle d’Ussé , l’Art se croyait le maître ,
Et le monde à son char paraissait s'attacher;
Mais la Nature vous fit naître.
Et l’Art confus s’alla cacher.
^POÉSIES MEtÉES.