‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 73 sur 142 · LXXVI. A Madame la marquise D’USSÉ · texte numérisé non relu

LXXVI. A Madame la marquise D’USSÉ

L ’A rt dit un jour à la Nature ,

Vous n’égalez jamais les œuvres de ma main; Vous agissez sans choix , vous créez sans dessein ;

Que feriez-vous sans ma parure?

Un teint flétri par vous s’embellit par mon fard ; C’est moi qui d’une prude arrange la sagesse;

Des coquettes beautés je conduis la finesse ,

Et mene sons mon étendard Et les beaux esprits, et les belles;

J’ai seul dicté sans vous les vers de Fontenelles , Et les fables du sieur Houdart.

Ainsi , belle d’Ussé , l’Art se croyait le maître ,

Et le monde à son char paraissait s'attacher;

Mais la Nature vous fit naître.

Et l’Art confus s’alla cacher.

^POÉSIES MEtÉES.

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