‹ Contes et Apologues Indiens. Tome SecondChapitre 21 sur 47 · I.E ROI BT l’homme CALOMNIE · texte numérisé non relu

I.E ROI BT l’homme CALOMNIE

(D«s c&oacs inutiies.)

. Il y avait jadis un homme qu’on accusait de raconter les fautes et les crimes du. roi. « Le roi, disait-il, est dur et cruel, et il gouverne d’une, manière absurde. »

Le roi ayant appris ces propos, entra en fureur, et ne songea ^pas à slassurer de la vérité. Il n’écouta que ses favoris, et, s’étant emparé de cette homme sage, U lui

coim»

fit cpuper sur k dos ceat onces de chair.

Plus tard, il fut clairement prouvé qii’il n’avait point proféré de telles paroles. Lo roi se repentit de ce qu’il avait fait, et se procura mille onces de chair. Mais, au milieu de la nuit, cet homme poussa des cris douloureux. Le roi ayant entendu ses plaintes, lui demanda pourquoi il souffrait.

« Je vous ai enlevé, dit-il, cent onces de ' chair, et je vous en ai rendu dix fois autant; est-ce que vous n etes pas content?

Pourquoi paraissez-vous souffrir cruellement?

r— Sire, dirent au roi ses serviteurs, si i on vous coupait là tête, on aurait beau vous donner mille têtes, vous n’échapperiez pas à la mort. Bien que cet homme ait reçu dix fois autant dé chair qu’on lui en

a coupé, comment voulez -vous qu’il ne souffre pas? »

(Extrait de l’EncjcIopédie Fa-youen-tchou-liiiy livre XLIV.)

LE MARCHAND ET LA PEAü DÉ CHAMEAU.

(Des hommes stupides.)

Un marcliand s’ëtait mis en voyage pour les affaires de son négoce, mais, au milieu de la route, un de ses chameaux mourut.

Or, le chameau portait une grande quantité dp choses précieuses, et entre autres du coton fin et moelleux, d’une qualité supérieure. Voyant le chameau 'mort, le marchand le dépouilla aussitôt de sa peau, la

laissa, et, avant de continuer sa route, il , fit asseoir ses deux fils et leur dit : « Gardez bien la peau de ce chameau ; prenez garde qu’elle ne se mouille et né pourrisse. »

Quelques jours après, il tomba une pluie torrentielle. Ces deux hommes, dont l’esprit était borné et stupide, se servirent d’une belle pièce de coton pour recouvrir cette peau. Le coton fut entièrement mouillé et pomrit. Il y avait bien une immense différence entre le prix de la peau et celui du coton, mais comme ils étaient tout à fait stypides, ils couvrirent la pçau du chameau avec une belle pièce de coton.

( Extrait de l'quyrage intitulé : le Livre de» cent comparaisons, partiel.)

l’oiseau a deux TETES.

(De ceux qui perdent deux choses à la iois. }

Jadis, sur le mont Himavat^ il y avait

un oiseau nommé Djîvandjiva * . Il avait un

seul corps et deux têtes. L’une de ces têtes ^

mangeait constamment des fruits exquis,

1 . En chinois Kong~ming-niao . Ijc mot sanscrit Djtvandjivay que les dictionnaires bouddhiques donnent pour synonyme de Kong-ming^niao ^ désigne évidemment ici un oiseau fabuleux.

f.OÎÏTES ET APOLOGUES INDIENS.

pour procurer à son corps le bien-être et

la santé. L’autre tête en conçut un sentiment

de jalousie et se dit à elle-même : « Pourquoi cette tête mange- t-el le constamment des fruits exquis, tandis que je n’en ai jamais obtenu un seul.^ »

Elle prit aussitôt un fruit vénéneux et le mangea, de sorte que les deux têtes périrent en même temps.

(Extrait de l’ouTrago intitulé : Tta-pa'o-thsang-king , IWrelII.)

L HOMME BT LE VOEEITR.

( üe ceux qui perdent deux choses à la fois.)

11 y avait jadis deu^ hommes qui voyageaient ensemble dans des plaines désertes.

L’un d’eux portait un vêtement de coton.

A.U milieu 4^ sa route, il rencontra un voleur qui le dépouilla de son vêtement.

Son compagnon s’enfuit et se cacha au

milieu des herbes. Celui qui avait perdu le vêtement de coton, y avait caché d(’ avance ' une pièce d’or. Il dit alors au voleur :

« Ce vêtemeilt në vaut guère qu’une pièce d’or ; permettét-moi de le racheter à ce prix.

— Où est la pièce d’or? »> demanda le voleur. '

A ces mots, le volé chercha dans Je vêr tement, la prit et la lui montra -en disant :

« Cette pièce est d’or pur J si vous ne me croyez pas, il y a an milieu de ces herbes .

un excellent essayeur d’or*; vous pouvez aller le consulter. »

Ce que voyant le voleur , il lui reprit son vêtement et disparut. Cet homme

1 . C’était précisément son ami par qni il espérait d’étre secouru.

Stupide perdit ainsi 'son vêtement et sa pièce d’or.

(Extrait de l'cavrage intitalé : Pe-jru-king ^ ou le Livre des ceat comparaisons, partie II. )

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