‹ Contes et Apologues Indiens. Tome SecondChapitre 29 sur 47 · FABLES · texte numérisé non relu

FABLES

gereusement malade^ je pouvais le délivrér

de la mort et le ramener à la vie. «

Le roi entra dans- une grande colère et

dit : « J’envoyais .constamment des démons

pour amener ici les criminels, et toi, au »

contraire, tu me les reprenais, et tu résistais à mes ordres; pour ta punition tu mériterais d’être jeté dans une chaudière d’huile bouillante. »

Il interrogea ensuite la courtisane. « Pour moi, répondit-elle, par l’effet de mes caresses et de mes complaisances, j’ai ruiné une multitude d’hommes et les ai fait descendre dans votre empire.

— A merveille, s’écria le roi, je vpus renvoie sur la terre et vous accorde encore douze ans d’existence* »

Le roi ayant interrogé le voleur, celui-ci

i'il

répondit : « J’exerçais le métier de voleur.

Si un homme faisait sécher au soleil de beaux habits, s'il laisss^it traîner de l’argent, je lui rendais le service de ramasser ces objets et de les mettre en lieu sûr. Beaucoup d’hommes, que j’avais dépouillés de tout,’ se sont dégoûtés de la vie ou sont morts de désespoir. »

Le roi fut charmé de cette réponse et s’écria : <• Cet homme m’a rendu des services et a secondé mes efforts. Qu’on le renvoie sur la teri’e avec un supplément de dix ans de vie. » f

A ces mots, le médecin se jeta aux pieds du roi et lui dit en pleurant : « Grand roi ! puisque votre majesté rend- de tels jugements, je vous supplie de taie renvoyer sur la terre. J’ai encore, dans ma maison, un

ûls et âne fille. J’ordonnerai à mou fils de se mettre voleur et à ma fille d’embrasser le métier de courtisane. »

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