‹ Contes et Apologues Indiens. Tome SecondChapitre 33 sur 47 · LE MARI QUI FAIT ÉPILER SA BAEBE · texte numérisé non relu

LE MARI QUI FAIT ÉPILER SA BAEBE

Ün homme dont la barbe grisonnait avait ordonné à sa seconde femme de lui arracher tous les poils blancs. Celle-ci voyant que les poils blancs étaient fort nombreux, se mit à les arracher. Comme elle, ne pouvait venir à bout de les choish', elle arracha en même temps tous les poils noirs.

Sa besogne étant finie, le mari se regarda

dans un miroir et fut rempli d’étonnement.

Il gronda vertement sa seconde femme, qui lui dit : « Puisque je devais arracher les plus nombreux, pourquoi n’aurais-Jé pas arraché les plus rares »

lÆ UBTniK ET LA TORTUE.

11 y avait un lettré qui voulait traverser un fleuve,' et se désolait de ne point trouver de batelier pour le passer. Tout à coup, il aperçut une grande tortue et lui dit : « Ma sœur la tortue noire, veuillez prendre la peflie de me passer; je vous réciterai des vers pour vous remercier. »

La tortue lui dit': « Récitez d’abord des vers, je vous passerai après.

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— Ne me trompez pas, lui dit le lettré.

Je vais d’abord vous réciter deux vers; quand vous m’aurez passé, je vous en réciterai deux autres. Qu’en dites-vous.^

■ — ■ J’y -consens, » répondit la tortue.

Le lettré dit alors : « J’ai traversé les neuf palais et j’ai franchi les quatre mers.

Le roi des dragons en a pâli d’effroi. »

La tortue fut ravie de joie et transporta le lettré sur la rive opposée. Celui-ci reprit :

« J’appartiens à la noble classe qui porte ¥

le bonnet et la ceinture. Je rougirais de converser avec une tortue noire. »

us CRABE ET BA GREBOCILLE VERTE.

Un crabe et une grenouille verte s’étaient liés d’amitié pour vivre comme frère et sœur. Un jour, ils parièrent à qui traverserait un ruisseau, et convinrent que celui des deux qui le franchirait le premier serait considéré comme le chef de l’association.

Cela dit, la grenoüille verte prit son élan et traversa le ruisseau. Le crabe, marchant à

pas lents, fut rencontré par une' jeune fille qui l’attacha ayec une corde de paille et l’arrêta tout court. La grenouille, ne le voyant pas venir , se retourna èt lui dit :

« Comment se fait-il que vous ne soyez pas encore passé.^ . • ■

— Ne m^accusez pas de lenteur, répon* dit le crabe; je serais déjà arrivé, si cette petite coquine ne m’eût arrêté. Voilà l’unique cause qui m’a retardé et m’a empêché de venir. »

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