LE NOUVEAU DIEU DU TONNERRE
Un jour, le Dieu du tonnerre voulait châtier un fils rèbelle à ses parents. Celuici lui arrêta le bras et lui dit : « Ne me frappez pas. Je vous demanderai, ajouta-t-il, si vous êtes le nouveau ou l'ancien Dieu du tonnerre.
— Qu’entendez- vous par là ? lui demanda le Dieu.
— Si VOUS êtes le nouveau Dieu du tonnerre , répondit-il , je mérite d’être écrasé sur-le-champ; mais si vous êtes l’ancien Dieu du tonnerre , je vous dirai que mon père s’est révolté autrefois contre mon aïeul. Où étie2-vous dans ce temps-là? »
Îæ vieux tigre et le singe.
Il y avait une fois un vieux tigre qui avait envie de manger un singe. Celui-ci lui dit pour le tromper : « Mon corps est bien petit, et il ne pourrait même vous fournir un seul repas. Sur la montagne qui est visà-vis, il y a un grand animal qui est capable de satisfaire votre noble appétit. Je vais marcher devant et vous y conduire. « Quand ils furent 'arrivés tous deux sur la montagne, un cerf, armé d’un bois formidable, aperçut le tigre et soupçonna
qu’il voulait le dévorer. 11 alla au-devant du singe et lui dit : « Mon jeune ami, vous m’aviez promis dix peaux de tigre , aujourd’hui vous ne m’en apportez qu’une ; vous m’en devez encore neuf. »
A ces mots , le tigre fut effrayé et dit :
« Je n’aurais jamab cru que ce petit singe fiit aussi méchant. Il paraît qu’il veut me sacrifier pour payer ses anciennes dettes’. »
1 . II y a ici un jeu de mots intraduisible. £n chinois, le mot tchang, numérale des peaux, s'écrit et se prononce de même que tchang, compte, calcul, dans la locution Ti-tchang , régler sa comptes, payer ses dettes.
Le vieux tigre qui avait l’oreille dure et la vue basse, n’a probablement entendu que les derniers mots du cerf, et il a dû détaler au plus vite pour ne pas être dévoré, à sou tour, par le grand animal dont il se promettait de faire sa proie.
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